Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Chaleur dans les écoles : nos élèves et nos collègues ne vont pas frire pour l’économie

MAJ 18/06 :

  • Les préconisations de la DSDEN
  • Fiche pratique : Canicule et locaux inadaptés
  • L’exercice du droit de retrait

Ces derniers jours, les fortes chaleurs ont une nouvelle fois révélé l’état catastrophique de nombreux établissements scolaires. Dans certaines classes, les températures ont dépassé les 34°C. Des élèves ont dû apprendre, passer leurs examens, notamment le baccalauréat professionnel, dans des conditions éprouvantes. De nombreux malaises ont été signalés.

Partout, le constat est le même : bâtiments mal isolés, fenêtres sans protections extérieures, cours d’écoles entièrement bitumées et sans ombre, absence de ventilation. Lorsque des mesures ont été prises, elles ont souvent été dérisoires : quelques ventilateurs pour plusieurs classes, quelques bouteilles d’eau distribuées à la hâte, voire aucune mesure. Une fois encore, élèves et personnels ont été laissés seuls face à une situation pourtant prévisible.

Car ces épisodes ne sont plus exceptionnels. Ils se répètent année après année. Pourtant, l’Éducation nationale continue de les traiter comme des événements imprévus. À chaque vague de chaleur, les mêmes recommandations sont diffusées alors qu’elles ne changent rien lorsqu’il faut travailler dans des salles dépassant les 30°C. Le ministère multiplie rapports et circulaires, mais laisse les personnels sans moyens concrets.

Construire le rapport de force pour imposer des mesures immédiates

Lorsque les températures deviennent dangereuses pour la santé des personnels et des élèves, la question du droit de retrait doit être posée. Les textes de la fonction publique permettent aux travailleurs de se retirer d’une situation présentant un danger grave et imminent. Il est légitime que les personnels s’organisent collectivement pour faire respecter leur sécurité et celle des élèves. L’expérience montre que les alertes restent souvent sans effet tant qu’aucune pression collective n’est exercée.

Nous exigeons :

  • des ventilateurs en nombre suffisant dans toutes les salles concernées ;
  • des fontaines à eau accessibles et entretenues ;
  • des stores, voiles d’ombrage et plantations ;
  • des espaces de repos frais pour les élèves et les personnels ;
  • des protocoles permettant de suspendre certaines activités lorsque des seuils critiques sont dépassés.

Nous exigeons également l’ouverture des lieux climatisés existants lors des épisodes extrêmes : salles municipales, médiathèques, théâtres, cinémas et autres équipements publics doivent pouvoir accueillir élèves, personnel.le.s et habitant.e.s lorsque les températures deviennent dangereuses.

Un plan massif de rénovation du bâti scolaire

Les mesures d’urgence ne suffiront pas. Les vagues de chaleur sont appelées à se multiplier. Il faut un vaste plan de rénovation des établissements scolaires: isolation thermique, protections solaires extérieures, végétalisation des cours, créations d’espaces ombragés, amélioration de la ventilation et rénovation énergétique des bâtiments.

Les solutions techniques existent. Ce qui manque, ce n’est pas la connaissance, mais la volonté politique et les financements nécessaires. Pour les dépenses militaires et les programmes d’armement, les gouvernements trouvent des milliards. Lorsqu’il s’agit de protéger la santé des élèves, des enseignant.e.s, des AESH, des agents territoriaux ou des personnels administratifs, les mêmes responsables invoquent les contraintes budgétaires.

Cette hiérarchie des priorités est un choix politique. Nous refusons que les personnels soient sommés de « faire avec » et que les élèves apprennent dans des salles à 34°C. Face à l’urgence climatique, il faut des moyens immédiats pour protéger personnels et élèves. Face à la répétition des canicules, il faut un plan massif de rénovation du bâti scolaire. Et pour l’obtenir, il faudra construire le rapport de force nécessaire.

Situation climatique catastrophique : aucune réponse politique !

La situation climatique est la conséquence du système économique dans lequel nous vivons. Les analyses économiques qui mettent en évidence l’accaparement toujours plus vorace du capital dans les richesses produites ont des conséquences sur le changement climatique. Une étude, publiée dans « Nature Climate Change », le 7 mai, quantifie, pour la première fois, que les 10% les plus riches sont responsables des deux tiers du phénomène.

Lutter contre ce système, c’est donc aussi lutter contre le réchauffement climatique. Il s’agit de sortir d’une individualisation du problème et de marteler la responsabilité mortelle d’une bourgeoisie dont le mode de vie nuit à la planète et au reste de ses habitants.

Nous devons ancrer nos revendications conjoncturelles (voir ci-contre) à une proposition de renversement du capitalisme, responsable des déséquilibres globaux, en se réappropriant les richesses pour les rediriger vers les besoins vitaux.

C’est à ce prix que nous lutterons contre le changement climatique qui frappe et frappera toujours plus fort les populations les plus démunies.