Communiqué de presse de la CGT Educ’action 95, le 28 mai 2025
Pour une école de l’optimisme pour tous les enfants
Arrêt immédiat de la maltraitance institutionnelle ! Des moyens pour agir !
A l’école Cézanne de Pontoise, les collègues Enseignant.es et AESH seront en grève le mardi 03 juin prochain, soutenus par un large collectif de parents d’élèves des Cordeliers et par l’intersyndicale départementale CGT-Educ’action 95, FSU-SNuipp 95, SNUDI-FO 95 et SE-UNSA 95.
Lors de la carte scolaire fin février, nos collègues apprenaient la décision du Dasen de fermer une classe (de 11 à 10), et, en dehors des opérations de carte scolaire, de façon abrupte, ils apprenaient également l’implantation d’une ULIS-TSA (troubles du spectre autistique) sans que quiconque n’ait été préalablement consulté, ni l’équipe, ni la mairie.
Par courrier, les collègues ont alors fait savoir au Dasen leur attachement à une inclusion de qualité. Ils ont porté à sa connaissance que cette implantation était problématique, à la fois concernant l’impréparation et l’improvisation de ses modalités injonctives, mais également au regard du « déjà-là » dans la concentration de difficultés psycho-socio médico-éducatives dans leur école.
Le 1er avril, le Dasen écrivait un double engagement à l’intersyndicale. La CGT Educ’action 95 le transmettait alors à nos collègues : « J’ai décidé d’annuler l’ouverture d’une ULIS-TSA à l’école Cézanne de Pontoise – Nous réétudierons l’ouverture d’une ULIS TSA à Pontoise lors du CSA d’ajustement en juin »
Puis le 5 mai, le Dasen revenait brutalement sur son engagement par un second courrier à l’intersyndicale.
Un tel revirement maltraite nos collègues, par exemple en niant leur droit à la mutation et remet en cause directement le fonctionnement et le rôle des organisations syndicales et des instances représentatives des personnels.
Plus fondamentalement, avec les parents d’élèves de leur quartier, nos collègues de Cézanne posent clairement la question du sens du travail, des modalités et des moyens indispensables dans la préparation en amont d’une telle décision administrative, qui garantisse leurs droits à toutes les familles, à tous les enfants :
1. De ne pas être assignés à leur trouble, à leur classe sociale, à leur maladie.
2. D’être accueillis dignement et à progresser dans leur développement.
3. A leurs côtés, nous exigeons, pour leur école comme pour toutes les écoles :
En amont de toute décision administrative (lors des notifications individuelles par la Mdph, lors des ESS, comme avant d’implanter un dispositif ULIS) :
- La fin du mépris, de la culpabilisation, des injonctions hiérarchiques absurdes et de l’improvisation pour les personnels des écoles, les parents comme pour les enfants. Ces pratiques insécurisent toute la communauté éducative.
- La fin des pénuries sur les moyens humains et matériels d’accompagnement (postes AESH, salles équipées, matériel spécifique à disposition…).
- Un vrai plan de formation co-construit par les personnels et les associations partenaires de l’école pour les enseignant.es et les AESH.
- L’arrêt du contournement de la loi de 2005 par l’Education nationale par la généralisation des temps mutualisés, les PIAL et bientôt par les PAS.
- La définition d’un véritable protocole par une approche pluridisciplinaire psycho-socio-médico-pédagogique d’un projet d’inclusion pour l’enfant qui parte de la famille, en coopération étroite avec les équipes des écoles. Ensemble, en amont, et avec le temps nécessaire, tout le monde doit être associé réellement à un projet d’inclusion pour décider sa faisabilité ou non en milieu ordinaire puis pour le préparer dignement. La coopération et le consensus doivent être la règle, l’injonction hiérarchique hors sol pour entretenir un paravent médiatique est une maltraitance pour tous, elle est à bannir !
- Des espaces dédiés au bien-être et à la réassurance des enfants dans les écoles, ainsi que le recrutement de personnels spécialisés dans cette prise en charge (éducateurs, psychologues cliniciens, médecins scolaires, assistant.es sociaux.les…).
- Un statut pour les AESH qui reconnaisse le métier, un temps plein à 24h avec un vrai salaire.
- Le respect par le Dasen des instances représentatives des personnels et le respect dû au sens d’un écrit qui engage auprès des organisations syndicales.
Nous y ajoutons :
- la défense de l’enseignement spécialisé et adapté lorsque la scolarisation en école ordinaire n’est pas encore possible, par l’ouverture de places pour les enfants et de postes de personnels en urgence dans les établissements spécialisés (ESMS : IME, ITEP etc.), pour le respect de toutes les notifications MDPH.
- La baisse du nombre d’élèves par classe, par l’annulation des fermetures de classe, par l’attribution de moyens supplémentaires, par la création de tous les postes nécessaires, par l’abandon du « choc des savoirs ».
- Le recrutement d’enseignants spécialisés, par le retour des RASED partout sur de vraies missions de rééducation.
L’annulation de l’implantation de l’Ulis-TSA à l’école Cézanne pour la rentrée 2025 doit être confirmée dans les plus brefs délais pour que la confiance et la sérénité reviennent.
Nous donnons rendez-vous à tou.tes les collègues intéressé.es devant l’école à 8H30 le mardi 03 juin et à rejoindre la manifestation Personnels/Parents/Enfants qui partira à 10H30 en direction de la mairie de Pontoise.
Nous soutenons la demande d’audience faite auprès de la mairie de Pontoise.
Nous appelons au rassemblement à la DSDEN à partir de 13H30 le 03 juin.
Nous demandons qu’une délégation de l’école Cézanne accompagnée de l’intersyndicale soit reçue par le Dasen ce jour là, heure de la convocation d’un GT du CSA sur l’inclusion.
