Alors que dans les écoles et établissements nous manquons déjà cruellement de moyens, ce qui dégrade considérablement nos conditions de travail et les conditions d’études de nos élèves, alors que nos salaires ont fondu avec l’inflation, le gouvernement nous promet une austérité brutale tandis qu’il augmente massivement ses budgets militaires.
En brandissant la « menace russe », Macron, comme l’ensemble des gouvernements européens, se lance en réalité dans une véritable course à la guerre dans une compétition mortifère entre grandes puissances pour défendre des intérêts qui ne sont pas ceux du monde du travail. Tout cela promet d’enrichir les industriels de l’armement français, tout en imposant une mise au pas aux travailleurs et à la jeunesse.
Pourquoi en tant que personnels de l’Éducation, s’opposer à leurs guerres ?
1. Des moyens pour les Rafales ou pour l’Éducation nationale : il faut choisir.
Rien qu’en 2025, avec la hausse historique du budget dit de la « défense », nous pourrions financer :
- 841 000 postes d’enseignant·es
- 1,68 millions de postes d’AESH
- Plus de 10 000 nouvelles écoles !
Bref, alors qu’au quotidien c’est la galère, nous pourrions largement obtenir des moyens à la hauteur de nos besoins et de ceux de nos élèves. Il s’agit bien d’un choix politique.
2. Militariser les esprits pour soumettre la jeunesse
« Le réarmement des esprits commencent à l’école »,
Jean-Noël Barrot ministre des Affaires étrangères
La généralisation du Service National Universel, la présence croissante de l’armée au sein des établissements et des classes dédiées, mais aussi la vision politique du tri-social (Choc des savoirs, réforme du Lycée professionnel) comme l’introduction des nouveaux programmes dès la maternelle révèlent l’intention du gouvernement : faire de l’école un instrument d’embrigadement plutôt qu’un lieu d’émancipation et de réflexion critique. Parallèlement, cette mise au pas idéologique de la jeunesse passe par une accélération de la répression qu’elle subit.
3. La guerre entre les peuples contredit nos valeurs éducatives
Jamais dans l’histoire de l’humanité, écouler des stocks d’armes et augmenter des budgets militaires n’ont stoppé les guerres. La guerre brise des vies, détruit des écoles, prive des millions d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Notre devoir d’éducateurs et de pédagogues est de développer l’esprit critique de nos élèves face aux discours bellicistes.
S’organiser et préparer la riposte contre ce projet pour l’école
Face à ces offensives accélérées, les personnels de l’éducation ont un rôle à jouer pour s’opposer à la course à la militarisation et refuser de préparer nos élèves à être la chair à canon de demain. C’est par une organisation collective que nous pouvons répondre à la situation qui nous est imposée. En construisant par en bas, dans nos écoles et nos établissements, avec nos syndicats et en alliance avec les familles mais aussi avec les élèves dans les lycées, une riposte alliant la lutte contre la casse de l’école à celle contre la mise au pas de la jeunesse.
Pour coordonner ces initiatives, discuter du projet pour l’école et des méthodes pour y faire face, nous vous invitons à venir nombreux à la réunion ouverte de la CGT Educ’action 95 le 11 juin 2025

