Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Déclaration préalable de la CGT Educ’action Val d’Oise à la la réunion de l’instance F3SCT du 02 Juillet 2026

Madame la Directrice Académique Adjointe,

Mesdames et Messieurs les membres de la F3SCT 95,

Cette année scolaire 2025-2026 s’achève comme elle a commencé… mais en plus chaud ! Nulle accalmie en cours d’année dans le nombre de fiches SST transmises par nos collègues, car nulle accalmie sur le terrain des écoles et des établissements.

À l’heure du bilan, on se demande en réalité où donner de la tête : organisation toxique des services par la hiérarchie, intimidations, menaces et mensonges émanant de quelques représentant·e·s de l’inspection volontairement oublieux et oublieuses des fondements de leurs missions, agressions aux portes des classes, gestion catastrophique de l’épisode de canicule, inclusion à marche forcée sans considération des conséquences sur les collègues, les élèves et les familles, AESH malmené·e·s dont les savoir-faire d’expérience sont au mieux invisibilisés, au pire niés, violences sexistes et sexuelles dont le traitement prend à peu près 15 ans et dont il est impossible d’obtenir le moindre résultat d’enquête. Etc, etc.

La maison éducation nationale prend l’eau. Ce n’est pas une nouveauté, mais là elle est au bord de l’engloutissement, et ses courageux marins – pas ses capitaines, non, pas ses lieutenants, non plus, (car ceux-ci sont bien cachés dans leurs cabines climatisées), mais ses moussaillons et moussaillonnes les plus efficaces et de moins en moins bien protégé·e·s et considéré·e·s – sont fatigué·e·s d’écoper. Le jour où iels deviendront pirates, personne ne pourra dire qu’iels n’avaient pas prévenu !

Car, oui, la hiérarchie nous malmène. Elle malmène les enseignant·e·s du 1er degré en leur refusant recours, temps partiels, détachements – ce qui nuit grandement à l’attractivité des postes-, elle malmène celles et ceux du 2nd degré, elle malmène les AESH, les personnels de vie scolaire, les personnels administratifs, les personnels sociaux et de santé. Mue par le sacro-saint devoir de réduction des dépenses publiques, elle se déshumanise, se désincarne, fonctionne en tableaux Excel et en évaluations, devient le bras comptable d’une logique mortifère, s’enivre de son petit pouvoir. Oui oui, elle doit protection à ses personnels… Mais avant tout, pardon, on compte !

Cette hiérarchie (ces inspecteurs et inspectrices, ou encore ces directeur·trice·s de service par exemple, car derrière ce mot un peu incantatoire de « hiérarchie », il y a de vraies personnes avec des noms, des histoires, des vies, des missions qu’on leur assigne) semble même parfois trouver de petits élans un peu voyous lorsqu’elle s’en prend à des collègues syndicalistes, comme ça par hasard sur un parking, ou sur des fichiers de recensement de grévistes, pourtant interdits depuis les heures sombres vichyssoises, ou alors encore par des fermetures de classes non-prévues, ou enfin en leur hurlant dessus sans aucune retenue lors de missions d’accompagnement. Et nous ne pouvons nous empêcher d’évoquer avec un brin de malice les propos de cette IEN stipulant à une équipe que les panneaux syndicaux ne doivent comporter d’affiches que d’une seule organisation syndicale, et surtout pas celles de la CGT Educ’action !Tout cela n’est décidément pas reluisant. Sans compter le flou dans lequel les services départementaux laissent les organisations syndicales et surtout tous les personnels quant aux multiples changements dont ils ont été le théâtre ces derniers temps !

Attaquons-nous maintenant à l’inclusion (nous disons « attaque » pour donner du grain à moudre à toutes ces bonnes âmes qui pensent – ou plutôt souhaitent amener à penser – que dès lors qu’on jette un regard un tant soit peu critique sur l’inclusion telle qu’elle est menée dans l’Éducation Nationale, on est contre l’inclusion, et hop-là contre le handicap, et encore hop-là contre le fait que les élèves porteurs et porteuses de handicap soient présent·e·s dans les écoles) ! À toutes ces entourlouperies intellectuelles, nous répondons avec raison, innocence et souci réel de l’enfance : OUI à l’inclusion, mais dans le cadre d’un lien pédagogique et soignant travaillé dans la patience, la confiance, le croisement des regards et des compétences. Pas à l’arraché, dans une urgence coupable, avec une petite équipe pompière de DAP-PMS qui vient éteindre une brindille enflammée sans s’attaquer aux feux de forêts.

En parlant de feux, dites, elle était belle cette canicule, et pas du tout prévisible en plus… Oui, fatalement, ça grince un peu quand dans les écoles et établissements au bâti impensé, il faisait jusqu’à 38°, que les élèves, les collègues faisaient des malaises, que les efforts de rafraîchissement s’organisaient sur les deniers des enseignant·e·s ou sur la débrouillardise des familles, que les examens se tenaient dans des halls, voire des parkings. Nous sommes conscient·e·s que dans certains logements, la température peut monter encore plus haut, et nous pensons que les écoles doivent rester le plus possible ouvertes pour accueillir les enfants. Néanmoins, à quel prix ? Nous payons avec cette canicule le prix du système capitaliste qui n’a cure de ses conséquences sur les populations les plus fragilisées. Mais l’école publique doit protection à ses agents et à ses élèves. En attendant un grand plan du bâti scolaire, que nous appelons de nos voeux mais qui nécessitera force investissements et s’inscrira dans un temps long, montrons-nous inventif·ve·s en identifiant les établissements les plus frais pour procéder à des regroupements (travaillés en amont des grosses chaleurs), trouvons les ressources pour faire de nos écoles les refuges qu’elles doivent être, inventons des modalités basées sur le pragmatisme, écoutons les ingénieur·e·s, les scientifiques spécialistes du climat, qui nous guideront dans les bonnes directions.

Car une société se juge surtout à la façon dont elle traite ses enfants.

Concernant les VSS, nous n’aurons qu’une question, symbolique, presque paradigmatique sur notre département du Val d’Oise : où en est l’enquête administrative sur le lycée Romain Rolland de Goussainville ? Nos collègues et camarades sur place vont-iels devoir continuer à rédiger de nouvelles fiches SST, comme iels le font depuis maintenant 4 ans, et pour lesquelles aucun retour n’a jamais été fait, si ce n’est quelques petites visites de mise au pas par l’inspection sans aucun rapport avec un quelconque PPCR ? Et nous prendrons un exemple de la manière dont sont traitées les VSS sur le département, c’est celui de ce directeur d’école sous enquête administrative après des signalement de collègues, qui s’est vu malgré tout récompensé par son IEN qui lui a octroyé de plus amples responsabilités.

Nous devons l’exemplarité sur cette question. Même si nous comprenons bien qu’aucune de ces affaires ne peut se résoudre dans la précipitation, la dilution dans le temps nous semble bien hypocrite, et une manière peu élégante de recouvrir les responsabilités. Au détriment des élèves et collègues victimes, et au détriment des lanceur·se·s d’alerte. Là aussi on traite de la question de la dignité.

Sur tous ces points et bien d’autres, la CGT Educ’action 95 gardera une ligne offensive. Elle se tiendra toujours de ce côté de l’école où se situent les personnels et les élèves les plus fragilisé·e·s, les plus maltraité·e·s. Du côté de l’incarnation face au vide des injonctions.

Merci de votre attention.