Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Carte scolaire phase 2 du 25 juin 2026 : rassemblement devant la DSDEN, mesures de carte et déclaration liminaire

Le jeudi 25 juin se tenait le CSA-SD concernant la phase 2 de la nouvelle carte scolaire qui entérine de nouvelles fermetures de classes (plus encore que les 200 classes supprimées lors de la phase 1) alors que la situation est déjà très explosive. Face au nouveau peuple scolaire, pour une réelle inclusion de qualité, leur logique comptable est complément hors-sol !

Les mesures de cartes sont à retrouver ci-dessous ; notre déclaration liminaire à retrouver plus bas. L’ensemble des OS ayant voté contre, un nouveau CSA-SD de repli aura lieu mardi 30 juin 2026.

Au même moment se tenait un rassemblement réunissant plus d’une centaine de personnels déterminés, malgré la canicule, à l’appel des syndicats du Val-d’Oise de la CGT Educ’action et du SNUDI-FO, pour mettre en échec notre hiérarchie qui casse l’école publique et montrer que les personnels ne se laisseront pas faire.

Déclaration liminaire de la CGT Educ’action

Madame la directrice académique adjointe, mesdames messieurs,

Alors que s’ouvre ce CSA de carte scolaire du 25 juin 2026, un rassemblement se tient au pied même de cet immeuble à l’appel du SNUDI-FO 95 et de la CGT Educ’action 95.

On y trouve côte à côte, nos collègues, des parents et des enfants avec et pour lesquels nous travaillons.

Notre devoir et notre engagement de représentants syndicaux sera de faire résonner ici leurs voix.

Celles et ceux qui sont en ce moment même en bas de cet immeuble ont décidé de réagir avec détermination, malgré le pic de canicule, malgré surtout un temps de sidération propre aux violences institutionnelles lorsqu’il s’agit d’une campagne de carte scolaire qui acte autant de fermetures et de non ouvertures : d’ores-et-déjà un triste record.

Un mot d’abord sur cette canicule qui vient illustrer une nouvelle fois avec acuité l’état d’impréparation totale des responsables de l’Etat et des collectivités vis-à-vis du bâti scolaire, comme celui de la DSDEN 95 vis-à-vis des personnels.

Où peut bien se cacher l’action publique en matière d’anticipation ?

Ce phénomène illustre globalement l’échec du capitalisme, système cynique et amoral, qui porte les guerres et l’obsession de ses taux de profits, quoi qu’il en coûte au monde en pollutions massives et en changement climatique.

Dans le Val d’Oise comme ailleurs, dans les écoles comme partout, Ubu n’est plus roi mais empereur ! Là encore l’improvisation règne en absurdie et les saisines du syndicat par nos collègues se comptent par centaines.

Si la communauté scolaire est en bas de cet immeuble donc, c’est pour exprimer une exigence légitime de justice sociale, matérialisée aujourd’hui par les moyens humains attribués aux écoles.

Petits et grands refusent d’autres destructions austéritaires, et ont des exigences simples en faveur d’une société pour laquelle la cause des enfants n’est pas un affichage, un plan de com’, mais une réalité tangible.

La CGT Educ’action 95 tient à dire avec ici sa plus profonde préoccupation.

Et pas seulement à l’égard des effets mortifères de la politique des libéraux autoritaire au pouvoir. Cela fait bien longtemps que nous n’attendons rien d’eux, un mauvais coup chassant l’autre, et que nous les combattons.

Non, aujourd’hui, c’est bien la direction de la DSDEN 95 que nous interpelons. Nous le disons ici solennellement : la DSDEN 95 doit revenir à la raison, aux usages du bon sens commun pour garantir le cadre de notre action professionnelle, et surtout au respect des personnels, des familles et des enfants.

Cela commence par le respect des engagements, des paroles engagées par la DSDEN 95 dans l’espace public, même en contexte austéritaire.

Or il est des façons de faire qui ont surgi l’an passé, qui se reproduisent cette année et qui ne peuvent s’installer.

L’an passé, nous avons été les témoins de l’inauguration de pratiques délétères du Dasen du 95, particulièrement à l’égard d’une école devenue pour nous emblématique, parce qu’elle est un concentré du vécu de beaucoup d’écoles en matière de ce que les sciences sociales nomment « le travail mort », c’est-à-dire la prescription, l’injonction, le fantasme du travail tel que pensé par l’employeur, par la hiérarchie. C’est un empêchement continu du « travail vivant », empêchement amplifié, décomplexé où se niche la maltraitance institutionnelle ordinaire.

C’est une école archétypique de la difficulté ordinaire, celle de moyens en berne depuis des années, celle de l’inclusion, celle des placements en foyers de l’enfance, celle de la précarité sociale, celle d’une exclusion de la carte de l’éducation prioritaire, malgré ses demandes répétées depuis 15 ans. Ni au-dessus, ni en-dessous de dizaines d’autres, qu’elles s’appellent Gros Caillou à Cergy, Les Lévriers maternelle à Montmagny, Georges Lapierre à Argenteuil, etc.

Il s’agit de l’école élémentaire Paul Cézanne de Pontoise.

Revenir sur les éléments saillants de son histoire depuis un an et demi, c’est faire l’inventaire de que subissent de très nombreuses écoles du département c’est comprendre le vécu de beaucoup de collègues.

  • Factuellement, l’an passé, après une annonce hors sol et dans l’improvisation la plus totale, le Dasen du 95, après l’intervention de l’intersyndicale, disait tenir compte des courriers d’alerte de cette équipe et annulait le 1er avril par écrit sa décision d’ouverture d’un dispositif ULIS-TSA, avant de revenir brutalement le 5 mai sur cet engagement.
  • La mobilisation du quartier des Cordeliers et des professionnel·es, en grève en juin, l’a poussé au report de l’ouverture de l’Ulis d’un an. Cette mobilisation a aussi permis de ne pas laisser faire l’exclusion de 5 enfants dits autistes, hors secteur et hors dispositif, telle que l’envisageait l’IEN ASH.
  • Fin juin 2025, puis en septembre 2025, les inspectrices ASH et de circonscription prenaient, au nom du Dasen du 95, c’est-à-dire au nom du ministère via la DSDEN du 95, des engagements administratifs fermes, devant l’ensemble de la communauté éducative et du quartier, notamment :

1) L’installation du pôle UPEAA dans une autre école et une meilleure répartition des enfants du foyer de l’enfance sur la ville (14 enfants UPEAA en 2025, 7 du foyer de l’ASE), qui expliquent la baisse démographique actuelle.

2) Aucune nouvelle fermeture de classe, pour garantir une ouverture sereine de l’Ulis-TSA, l’école ayant déjà connu une fermeture en passant de 11 à 10 classes dans la campagne de carte 2025-2026.

3) Une ouverture progressive de l’ULIS, avec au maximum 4 à 5 enfants la première année de fonctionnement en 2026-2027. Faut-il le rappeler, cette école de taille moyenne accueille déjà une dizaine d’enfants TSA hors dispositif.

4) La communication au plus vite du contact du·de la collègue qui serait en 2027 en charge du dispositif Ulis, évidemment diplômé·e.

C’est dans ce cadre et sur ces engagements concrets que l’équipe a préparé toute l’année l’ouverture de l’Ulis-TSA.

Factuellement, cette même équipe apprenait mi-juin, presque par hasard, et surtout pas par la voie hiérarchique :

  1. Que ce sont 10 enfants autistes qui arrivaient dès septembre
  1. Une fermeture sèche, alors qu’il n’y avait jamais eu d’annonce de surveillance en mars-avril.
  1. La vacance du poste de coordination Ulis, encore au 25 juin.

Lors du GT du 18 juin, comme dans l’article de la ‘Gazette du Val d’Oise’ du 19 juin, en tant que responsables de la DSDEN 95, vous déclarez :

  1. Que l’engagement de non fermeture, c’était si l’ulis avait ouvert l’année dernière. Cette année, cet engagement ne tient plus.

Alors nous vous le demandons : auprès de qui pensez-vous vous être engagés en septembre 2025 ? Simplement auprès de collègues qu’on peut flouer, parce-qu’ils sont subordonnés ?

Nous le disons avec fermeté : quand vous prenez un engagement, ici ou ailleurs, c’est aussi auprès des familles et des enfants, parce que vous êtes garants du cadre !

  1. Sur les effectifs pleins dès l’ouverture, vous dites

la direction départementale met en avant des investissements des équipes et des moyens déployés : 

« Cette école a bénéficié de subventions de la mairie sur le sujet de l’école inclusive. Grâce à ces financements, une salle de classe va pouvoir être adaptée aux besoins des élèves en situation de handicap »

Et vous ajoutez :

« Les enseignants ont été formés et accompagnés tout au long de l’année : ils ont bénéficié d’une formation par l’équipe départementale dédiée à l’école inclusive »

Messieurs-dames de la DSDEN 95, cette déclaration a profondément heurté nos collègues, à Cézanne et ailleurs.

Alors rétablissons ici même quelques faits :

C’est l’équipe qui a exigé, après sa grève, une formation spécialisée, pour les enseignant·es comme pour les AESH, car ces dernières n’étaient même pas évoquées par la DSEN 95.

Leurs quatre demandes précises en matière de contenu ont été refusées.

  • Au lieu de cela ce ne fut pas une formation, mais au mieux une information de 18H par le DAP-PMS. C’est aussi ce qui remonte de la visite F3SCT consacrée à l’inclusion cette année.
  • Quant au contenu, c’est la déclinaison stricto sensu de la doctrine de l’ARS, qui ne conçoit qu’un enfant théorique, autour d’une liste à la Prévert de prescriptions de contention. D’ailleurs il ne fut jamais question d’un cas pratique de l’école, d’un enfant réel déjà scolarisé ou à venir.

C’est donc à l’équipe de répondre à la question de savoir si cette formation a été utile et profitable : pas à la hiérarchie de le décréter dans le dos des collègues.

  • Enfin, si une salle d’apaisement a été inaugurée en mai 2026, c’est parce-que nos collègues sont allés chercher, seul·es, les conseils de psychomotriciennes militantes, hors Education nationale, et des enveloppes de subvention pour l’équiper.
  • Ils ont aussi fait appel à Ecole et Famille sur un projet de rétablissement de Justice relationnelle préalable à l’ouverture consensuelle de l’Ulis après le conflit de l’an dernier. Bilan : aucun·e représentant·e de la hiérarchie n’a répondu aux 4 invitations dont elles ont été destinataires. De quoi ce fait est-il démonstratif ? De l’intérêt de la DSDEN 95 pour l’inclusion ?

Enfin, nos collègues ont généralisé à toutes les classes une expérience immersive de sensibilisation au handicap.

Et à chaque étape, ils ont associé les familles, notamment lors de temps des familles ou de soirées d’ateliers d’Education populaire.

C’est cela le travail vivant, lorsqu’une équipe animée par une éthique, affirme sa souveraineté sur le travail, invente, cherche, sans prétendre a priori avoir raison.

Vos déclarations au GT du 18 juin et surtout publiquement dans la presse sont une rupture nette d’un contrat moral, d’un cadre qui protège le construit. Toutes les écoles de ce département sont désormais fondées à douter de la valeur de vos « engagements ».

C’est un coup de massue contre l’ouverture de l’ULIS-TSA en septembre prochain, quand l’investissement professionnel se retourne contre celles et ceux qui le portent, comme autant de manœuvres pour justifier l’injustifiable.

Chaque jour, nous nous efforçons de poser comme préalable dans nos classes, dans nos quartiers, un cadre éducatif hors menace. Que se passerait-il auprès des enfants et des familles si nous ne tenions pas nos engagements ? On nous traiterait immédiatement de menteurs et le contrat pédagogique serait rompu.

Alors comment leur expliquer à ces parents et ces enfants que vous ne tenez pas les vôtres ?

Pour citer encore cet article, vous déclarez qu’en cas de fermeture, le taux d’encadrement prévisionnel à la rentrée serait de « 26,4 élèves par classe » soit un niveau « en-dessous du seuil constaté pour des écoles du Val d’Oise au profil similaire (nombre d’élèves, profil socio économique)» fin de citation.

Mais de quoi parlez-vous donc ?

Pour toutes les écoles, c’est une ritournelle que vous nous servez depuis longtemps. Que dit-elle du réel ?

Nous n’avons pas votre culture obsessionnelle des chiffres, mais nous savons ne pas écarter les plus significatifs du champ de vision. Par exemple, toujours dans le cas de Cézanne:

  • le groupe scolaire des Cordeliers est le seul du département dans lequel 2 dispositifs d’ULIS-TSA sont implantés, l’un en maternelle et l’autre en élémentaire.
  • Une moyenne cache le réel en ce sens que la limitation à 24 des effectifs en CP et CE1 porterait à au moins 28 ceux des autres niveaux.
  • Surtout, l’absence d’éléments complets sur l’âge des 10 enfants en ULIS-TSA, auxquels se rajoutent 10 PPS dont la majorité en TSA, rend possible la présence de 3 ou 4 enfants dits autistes…dans la même classe à 28.

Cette dernière information à elle seule impose de ne pas fermer de classe ! Nous n’avons même pas à étayer cette affirmation : tout·e professionnel·le praticien·ne la comprend immédiatement.

Toutes les organisations syndicales sont intervenues avant et pendant le GT du 18 juin sur de nombreuses situations d’écoles et nous avons été stupéfaits des réponses données ou pas par la DSDEN pour justifier de refuser d’ouvrir des classes ou d’annuler des fermetures. Comment entendre, même dans votre logique comptable, comme lors du GT que nous n’ouvrirez pas ici ou là en juin, que vous vérifierez les chiffres en septembre, quand les décisions de fermetures ne font pas l’objet d’une telle attention ?

Pour toutes les situations que les organisations syndicales amènent, des faits évocateurs sont balayés d’un revers de main. Seule compte la moyenne avant ou après fermeture. Notre exigence est de changer urgemment de grille de lecture.

Lorsque la CGT Educ’action 95 évoque « un nouveau peuple scolaire », nous nous appuyons sur des travaux universitaires précis, nous évoquons des générations d’enfants qui ont un besoin bien plus grand qu’auparavant d’accompagnement solide sur leur chemin d’émancipation.

Tous les enfants sont « à besoins particuliers », tous les adultes aussi, à commencer par celles et ceux présent·es autour de cette table.

La démographie scolaire telle que vous la pratiquez depuis 40 ans, n’a plus aucun sens, et encore moins au regard des enjeux de l’école inclusive.

  • Au moment où nous parlons surgit enfin dans ce pays une exigence démocratique massive après la mort de Lyhanna, victime d’un crime odieux. Celle que la Protection de l’Enfance fasse système pour une société sans VSS, sans abus ni violences contre les enfants.

L’Ecole a tout son rôle à jouer, à condition de respecter une boussole, de garantir un cadre collectif !

Celui de reconnaître l’enfant non comme un objet mais comme un sujet, dès la naissance, qui commence à se faire une idée sur le monde en l’expérimentant et en échangeant avec son entourage.

  • Humainement, le travail éducatif n’est possible qu’avec un nombre restreint d’élèves, encore plus lorsque l’inclusion est la réalité.

Un travail de broderie fine, à l’écoute, pour une relation de qualité qui respecte tous les enfants dans leur existence de sujets à faire advenir, pas des objets à entasser et contenir dans une classe ou dans un tableau excel de manager.

Chercher la logique de l’enfant, s’appuyer sur son élan de vie et le développer passe par la coopération par enfants, à l’opposé de la compétition qui est la matrice actuelle. Car il s’agit de construire des enfants solides et solidaires. Solides dans leur tête sur là où ils s’arrêtent et là où les autres arrêtent, solidaires pour, ensemble, avoir la force de dénoncer.

Mesdames et messieurs de la DSDEN 95, la CGT Education 95 demande solennellement que soit rétablie la relation de justice relationnelle de la hiérarchie avec le terrain pour garantir ce cadre aux enfants.

Le préalable est d’annuler immédiatement la fermeture à l’école Cézanne de Pontoise, aux Lévriers à Montmagny comme dans de nombreuses autres écoles, de lever la surveillance au Gros Caillou, d’ouvrir en juin partout où les effectifs ou la situation éducative l’exigent déjà.

Il s’agira ensuite d’entendre l’expertise du terrain.

Et particulièrement les savoirs d’action de nos collègues AESH qui ont inventé leur métier et pourtant sont encore attaquées en juin dans les annonces de juin par un ministère décidément destructeur.