Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Les vrais coûts de la guerre (publication syndicale)

Les conséquences de l’impérialisme français sur nos vies 

Les conflits militaires se multiplient au Moyen-Orient, Iran, Liban, Palestine… La guerre en Ukraine continue. L’escalade guerrière s’accentue et a des conséquences concrètes sur la vie des populations sur place mais aussi partout dans le monde, les prix explosent et les gouvernements cherchent à nous faire payer la facture de leurs guerres. 

Depuis 2014, les pays membres de l’OTAN doivent consacrer 2% de leur PIB (richesse produite en un an sur un pays) à la défense et à l’armée. La France n’y est arrivée qu’en 2024. Combien est-ce que cela représente? 

La loi de programmation militaire votée en 2024 consacre un budget pour l’armée de 413,3 milliards jusqu’à 2030, soit 82,6 milliards par an.

En 2025, au sommet de la Haye, les membres de l’OTAN se sont engagés à porter cela à 5% de leur PIB d’ici 2035. D’ici les 10 prochaines années, la part des dépenses militaires va donc plus que doubler, aux dépens des autres secteurs. 

Pendant ce temps là, les discours de Macron et de la classe dirigeante se font beaucoup plus agressifs, militaristes et tournés vers la guerre. Mise en scène de Macron dans la base de l’île Longue devant un sous-marin nucléaire, annonce de la création d’un nouveau porte avions, envoi de troupes en Méditerranée orientale, discours de militaires à la télévision indiquant que nous devons nous préparer à voir nos enfants mourir, envoi de lettres aux jeunes de 29 ans et notamment les femmes pour les inciter à faire des enfants pour la nation, transformation de la production d’usines vers l’industrie militaire, … 

Les classes dirigeantes en France préparent la guerre, à n’importe quel prix. Mais quels coûts et conséquences pour nous ?

Les conséquences de l’impérialisme français sur nos vies 

AU TRAVAIL 

413 milliards d’euros c’est : 

  • 83 fois le déficit de la caisse des retraites 
  • 413 hôpitaux universitaires géants 
  • 1 652 000 fonctionnaires de catégorie A en plus
  • 1200 euros d’augmentation de salaire  par mois pour les personnels de l’éducation pendant 5 ans…
  • L’ouverture d’une médecine du travail pour toutes et tous :  recrutement de plus de 860 416 médecins du travail
  • Un contrôle strict du respect du code du travail et des conventions collectives dans les entreprises :  recrutement de plus de 3 millions d’inspecteurs du travail

Des dépenses au profit des grands patrons : 
Les patrons se gavent mais les usines  réellement utiles ferment. On produit des obus, des missiles mais pas de Bonbonnes d’oxygène pour les hôpitaux. On produit des puces pour les missiles mais pas des RAM pour les ordinateurs. Des Chars et pas des moyens de transport collectifs. 
Le cas Total : 5,8 milliards de dollars de bénéfice sur les trois premiers mois de 2026, une augmentation de 50% par rapport à 2025, c’est nous qui payons la note. 

VIE & LOISIRS

86 milliards par an c’est : 

  • Payer au SMIC chaque année les 3,5 millions de personnes qui aujourd’hui font du travail bénévole dans le sport permettant aux fédérations et aux associations de fonctionner, construire 43 000 gymnases, de payer les salaires d’1,7 millions d’athlètes et les professionnaliser au-delà du sport de haut-niveau.
  • Payer les vacances de plus de 42 millions de familles de 4 personnes (sur une base de budget moyen des familles pour leur départ en vacances d’été en 2025 : 2035 euros). 
  • Payer le loyer de 9,8 millions de foyers pendant un an, charges comprises (à partir du loyer moyen en 2025 qui est de 730 euros par mois selon Capital)

    POUR LES JEUNES

    On l’a tous appris à l’école, la jeunesse a un rôle central pendant la guerre : il faut qu’elle soit d’accord pour la mener, il faut qu’elle soutienne les troupes, l’État, et qu’elle soit prête à servir.  La guerre est présente partout car elle le doit pour l’État et cela impacte clairement les jeunes.

    Insécurité morale et psychologique: sensation d’être perdue, sans avenir…  liée à la guerre. Renforcée par les discours guerriers et simplistes de l’État : la guerre est là, il faut se préparer à perdre des enfants… Comment grandir normalement dans de telles situations ? 

    Des militaires dans les classes et les établissements, aggravant l’omniprésence de la guerre ;  alors qu’il faudrait des postes, des AESH, des educ’ spé, des psys… 

    L’impact est dramatique à long terme : renforcement du masculinisme/domination masculine, racisme, sexisme… Toutes ces oppressions s’aggravent par le discours belliqueux. L’insécurité morale et psychologique a des conséquences à long terme.
     
    La diminution des dépenses de santé ou éducatives a des conséquences directes sur la jeunesse. On estime qu’en Seine-Saint Denis, les heures manquées par les élèves à cause du manque de moyens ou de défaut de remplacement représentent un an en tout sur une scolarité. Un an d’apprentissage en moins pour se développer. En 2024, la moitié des jeunes de 15 à 24 ans ont déjà été affectés par un problème de santé mentale. Comment les prendre en charge et avoir une politique de prévention et d’accompagnement sans moyen ? Avec la guerre, la situation empirera. 

    Renforcement de la présence policière dans et autour des établissements, ainsi considérés comme des ennemis à combattre ou à minima à contrôler. L’impact est donc l’aggravation du sentiment de rejet. 

    Remise en cause de la possibilité de donner un cadre d’analyse complexe : pourquoi la guerre ?Qui sont les protagonistes ? Ce sont même des discours réprimés par l’État à l’exemple de la loi Yadan qui sous couvert de lutte contre l’antisémitisme voulait criminaliser les discours critiques de l’État d’Israël. 
    Imaginez interroger le rôle de l’État français s’il bombardait des peuples pour les libérer ? Notre institution nous réprimerait assez volontairement.

    Accélération de la militarisation
    En Allemagne, la conscription a été rétablie et les hommes de 18 à 47 ans sont interdits de sortir du territoire pendant plus de 3 mois. En France cela est aussi discuté : le volontariat est souvent une période transitoire vers l’obligation, chaque année l’armée se fixe comme objectif de recruter un nombre toujours plus grand de volontaires au service national et pour cela multiplie les interventions et opérations de propagande autant dans les établissements scolaires que dans les institutions de formations des enseignant.e.s (facs, Inspé, …) 

    DROITS & LIBERTÉS 

    La guerre sert de prétexte à l’État pour restreindre nos libertés au nom de l’ «unité nationale» et de la chasse aux «ennemis de l’intérieur» pour l’État. 

    2001 :   Patriot act USA  = limitation des libertés, moyens d’exceptions pour la   police : écoutes téléphoniques, emprunts de livres bibliothèques… remise en cause droit à la défense, perquisition sans preuve…

    2015 :     Etat d’urgence en France, première mesure l’arrestation de 347     militant.e.s  mis.e en garde à vue pour avoir manifesté sur l’écologie. 
    Arrestations et perquisitions abusives dans les quartiers populaires… déploiement des groupes d’intervention spécialisées (RAID, GIGN…) dans des quartiers en pseudo- maintien de l’ordre. Un terreur policière donnant lieu à une accélération de l’islamophobie et des violences systémiques. On assiste même à des arrestations d’enfants. 

    2021:   Lois séparatismes et sécurités globales :  remise en cause de la liberté de la presse, du droit d’organisation en associations, du droit de manifester… Mais aussi des droits face à la police renforçant leur sentiment d’impunité. 

    En contexte de guerre, on assiste toujours à une criminalisation de l’opposition politique et syndicale, à un renforcement du racisme d’Etat et à un affaiblissement toujours plus étendu de nos droits et nos libertés.  La classe dominante en profite déjà par une augmentation du pouvoir répressif de l’Etat et pour s’en prendre aux oppositions syndicales et ouvrières contre leurs politiques antisociales, guerrières et discriminatoires. 

    S’OPPOSER À LA GUERRE

    Il faut le dire haut et fort, nous n’avons aucun intérêt dans leurs guerres. Elles servent à assouvir et spolier des richesses. Leur préparation délirante place d’ores et déjà les enfants et les adolescents dans un environnement menaçant, très anxiogène, avec des risques majeurs sur la santé mentale et physique dès à présent. Quelle perspective d’avenir ?  Qu’en est-il au milieu des bombes, des destructions de masse et des camps de détention? 

    En tant que travailleur.ses de l’éducation mais surtout en tant que travailleur.ses tout court, nous avons un seul intérêt : nous opposer de toutes nos forces à la guerre impérialiste. Contre l’austérité qui pille nos vies pour financer l’armée et les guerres, contre la guerre qui ne promet que destructions, exploitation et autoritarisme ! Comme l’ont montré les travailleurs des ports et docks en Italie et aux USA, la jeunesse étudiante italienne et allemande… Il est possible de s’opposer à la guerre par la grève et des mobilisations de masse. C’est ce chemin que nous devons suivre et construire !