Édito de la CGT Educ’action du Val-d’Oise
Depuis quelques semaines, nous avons un nouveau ministre de l’Éducation. Ancien chef de cabinet de Jean Michel Blanquer, Édouard Geffray a participé à toutes les contre-réformes dans l’Éducation ces dernières années. Evidemment, il n’a jamais exercé réellement un fonction éducative sur le terrain. Notre nouveau champion commence en expliquant que supprimer « uniquement » 4000 postes serait un geste sympathique pour les enseignant·s et les élèves. Cela en s’appuyant sur une « baisse démographique » qui pourrait justement permettre d’avoir moins d’élèves par classe.
De l’argent il y en a… pour le grand patronat et la guerre !
L’austérité serait une obligation pour combler la dette pourtant créée artificiellement au service des plus riches. Le budget prévoit 40 milliards d’euros d’« économies », évidemment sans toucher aux 211 milliards de cadeaux offerts aux grandes entreprises chaque année, ni à la hausse historique du budget de la guerre. Ainsi, pour Amélie de Montchalin (ministre chargée des comptes publics), il faudrait plus de militaires, plus de policiers, plus de gendarmes mais moins d’enseignant·es et de personnels pour faire tourner nos écoles et nos établissement.
Il est vrai que quand on est amené à gérer une puissance impérialiste qui pousse dans la pauvreté des millions de travailleurs… il est logique pour le Pouvoir en place de développer une Police pour défendre ses intérêts plutôt qued’offrir des bonnes conditions d’enseignement ou de soins aux travailleuses et travailleurs.
Le gouvernement, comme tous les autres avant, ne visent qu’une chose : engraisser les patrons pour garantir des profits records et distribuer des postes gouvernementaux à leurs amis.
Une école hiérarchique et maltraitante !
Ces dernières années, la maltraitance envers les personnels et les élèves a fortement augmenté. Cette vision est partagée souvent à tous les échelons. Les injonctions absurdes à faire « plus avec moins » sont quotidiennes et amènent à une perte de sens au travail. Accueillir plus d’élèves, avec de plus en plus de difficultés de développement, le tout sansaccompagnement, sans moyen, sans aucun soutien, trop souvent sans collectif de travail et surtout avec un surplus de mépris. Ce mépris, nous le sentons de la part des inspecteurs, des petits chefs et des hiérarchies départementales ou académiques. Il est institutionnalisé dans le but de faire « tourner la machine » de manière dégradée, peu importe les conséquences psycho-sociales délétères. Il faudrait se taire au risque de se faire mal voir, d’avoir moins de budgets, se voir refuser ses projets pédagogiques… cela peut aller jusqu’aux mesures disciplinaires qui semblent être un outil de plus en plus utilisé pour museler celles et ceux qui relèvent la tête.
Qu’on se le dise, cette hiérarchie ne sert pas à grand-chose. Ils ne sont pas devant élèves, ils organisent les injonctions d’un ministère déconnecté ? Ils pressurisent les collègues, veulent nous faire taire. Il serait temps d’en finir avec cette organisation du travail. Ce sont les travailleurs de l’Éducation qui font fonctionner les écoles établissements, ce sont à elles et eux de décider !
Renverser la situation ?
Face à la vie chère, nos salaires ne suffisent plus ! Les budgets sont largement insuffisants ! La hiérarchie est de plus en plus maltraitante ! Il est donc nécessaire de s’organiser face à cela. Les coups de colères sont nombreux (grèves dans des écoles et établissements, rejet des évaluations)… Mais tout cela on doit s’organiser pour frapper tous ensemble en même temps, au même moment. C’est ce qu’essaie de défendre la CGT éducation 95. Pour relever la tête nous avons besoin d’un mouvement de contestation et de grèves massives qui lient les travailleurs de l’Éducations aux autres secteurs du monde du travail. Il est temps de s’organiser pour résister et passer à l’offensive !
