Monsieur Le Directeur académique,
Les circonscriptions ont envoyé des courriels aux écoles sur l’organisation des 18H de formation continue, la journée de solidarité et les 48h de conseil des maîtres et maîtresses.
Les écoles sont par exemple obligées de s’inscrire sur Gaia aux formations suivantes : laïcité, APQ et harcèlement, qui devront se dérouler sur le temps de la journée de solidarité ou pendant les temps de conseil des maîtres et maîtresses. Dès ce premier point, en fonction des circonscriptions, les temps dédiés ne sont pas les mêmes et créent donc des inégalités entre les collègues.
La volonté affichée que ces trois formations se retrouvent « validées » dans Gaia par tous les personnels semble répondre à une injonction du ministère qui exigerait que les académies forment leurs personnels sur ces sujets. Or, une fois ces formations validées dans GAIA, le risque est réel que la hiérarchie argue qu’elles aient été suivies pour contraindre encore davantage les collègues sur leurs pratiques, voire les brimer si les résultats escomptés par ces formations ne sont pas atteints.
Les directeurs et directrices reçoivent aussi des injonctions pour former leur collègues sur « Evar », « fille et maths », sur temps de conseil des maîtres et maîtresses.
Concernant EVAR, que les directeur et directrices soient personnels ressources pour leurs collègues et se trouvent à même de rassurer les parents que ces programmes pourraient interroger, est un fait. Cependant ces programmes ont été présentés l’année dernière aux familles et aux personnels avec la mention : « L’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité étant obligatoire depuis 2001, nombre de professeurs et de personnels sociaux et de santé de l’éducation nationale sont déjà formés à cet enseignement. Toutefois, pour mieux les accompagner, de nouvelles formations seront organisées à partir du second trimestre 2025. Des ressources pédagogiques et des outils pour mener les séances leur sont également proposés et seront étayés lorsque le programme sera publié. ». Il aurait été par conséquent opportun de proposer dans les 18h de formation, un bloc de 6h consacré à tous les collègues ressentant le besoin de se former spécifiquement à l’enseignement de ces programmes.
Concernant le plan « filles et maths », mis en place par une ministre maintenant démissionnaire, il est expliqué que c’est un enjeu économique majeur de faire accéder plus de filles aux métiers scientifiques ce qui générerait une hausse de croissance annuelle de 5 à 10 milliards d’euros et qu’ainsi, l’économie française s’en porterait beaucoup mieux. Réduire les inégalités de genre à cette seule question de l’accessibilité des études scientifiques aux filles, nous semble pour le moins fallacieux. De même que faire porter la culpabilité d’une croissance stagnante ou en berne à des enseignant.es qui auraient insuffisamment préparé leurs élèves féminines aux études scientifiques, nous semblerait une erreur d’analyse préjudiciable.
L’organisation de ces formations provoque donc un fort mécontentement chez nos collègues, car en plus de devoir subir de nouvelles formations imposées avec les plans maths et français, iels ont une nouvelle fois le sentiment qu’on les dépossède de leur expertise en besoin de formation. Par exemple, les demandes de formation de plusieurs équipes, pour se former à l’autisme afin de construire une inclusion de qualité, sont systématiquement refusées.
Dans certaines circonscriptions comme Taverny, on demande à nos collègues d’effectuer 7h pour la journée de solidarité soit un quota horaire supérieur aux 6h réglementaires.
Ces injonctions piétinent aussi le cadre réglementaire de la journée de solidarité. Selon le BO de novembre 2005, il est dit que ce dispositif « prendra la forme d’une concertation supplémentaire sur le projet d’école », il revient donc que c’est aux équipes d’établir le contenu de cette journée et non aux IEN.
Pour l’élaboration des formations, selon l’article D411-7 du code de l’éducation, c’est le conseil des maîtres et maîtresses « qui est consulté par le directeur d’école en vue d’identifier les besoins de formation de l’équipe pédagogique et de proposer des actions de formation» à l’IEN. Les formations elles-mêmes s’effectuent donc dans le cadre des 18H ou sur le temps de classe. Nos collègues ont d’autres priorités lors des conseils des maîtres et maîtresses.
Par conséquent, nous exigeons le respect du cadre réglementaire :
- les conseils des maîtres.tresses et de cycle consacrés exclusivement à la vie de l’école ;
- la journée de solidarité consacrée exclusivement à la vie de l’école ;
- 18H de formation en dehors du temps élève ;
- une réelle prise en compte des besoins de formation des équipes.
Soyez assuré de notre attachement à un service public d’éducation de qualité.
La CGT Educ’action 95
