| Assez des brutalités de l’Etat et des gouvernements du patronat ! Le 10 septembre a ouvert une brèche. Dans l’unité, nous pouvons l’élargir pour stopper la casse et réenchanter nos vies ! Commençons d’abord par étendre partout la grève à partir du 18 septembre ! |
Le 10 septembre est une première réussite au vu du contexte d’intimidations et de menaces directes du pouvoir policier et médiatique les semaines qui ont précédé. Ce sont des centaines de milliers de manifestants, parfois en grève, qui ont agi. Les organisations syndicales CGT, Solidaires s’y sont impliquées sur un socle plus large au niveau local.
Malgré l’improvisation, un sentiment d’espoir diffus se propage : un espace est ouvert pour nos revendications et notre avenir. Chacun.e l’a bien compris : qu’il s’appelle Bayrou, Lecornu, ou Tartempion (les candidat.es sont innombrables !), le nouveau premier ministre ne changera pas de politique.
La boîte institutionnelle des enfumages n’a pas de fond quand il s’agit surtout de faire payer une « dette », c’est-à-dire le coût des privilèges de la bourgeoisie, grande, moyenne et plus petite. Déterminée à amplifier et ventiler en son seul sein l’accumulation exorbitante du capital, la classe capitaliste veut reporter ce coût sur les travailleurs et travailleuses, déjà en proie depuis des années aux dégradations de leurs vies. L’austérité, les licenciements, les bas salaires, les loyers abusifs, la destruction de la Sécu, des services publics, le recours aux divisions racistes et la tentation du fascisme continueront… Ce n’est pas la tête qu’il faut changer, c’est la table qu’il faut renverser !
Après le 10 septembre, que faire ?
Les manifestations ne suffiront pas, pas plus l’entrave à la consommation : maintenant il faut des centaines de milliers de grévistes, et dans tous les secteurs de production.
La grève c’est d’abord viser l’arrêt de l’économie, de la machine à profits…Quand leurs profits sont menacés, les capitalistes ne nous toisent plus de haut, ils sont prêts à tout lâcher. Une grève ce n’est pas un jour de temps en temps, mais bien des journées consécutives jusqu’à satisfaction des revendications, avec des piquets, des blocages… En 2023, les 16 journées de grèves et d’actions éparses contre la réforme des retraites, calquées sur le calendrier institutionnel, auraient permis un autre rapport de force si elles avaient été reconduites de jour en jour ! Pour notre branche, l’Education, la grève a aussi un impact :
- En faisant en sorte que les enfants soient momentanément gardés par leurs parents salariés, c’est un mal pour un bien. (premier degré en grève jusqu’à ce que les parents soient aussi en grève),
- En offrant la possibilité pour la jeunesse lycéenne de se mobiliser plus facilement.
- En prenant immédiatement des décisions collectives redonnant du sens à notre travail (Stop aux évaluations d’établissements, aux évaluations nationales, aux groupes de niveaux, au parcours en Y, etc.)
L’action gréviste, c’est aussi se libérer du temps pour discuter, agir, constituer ses caisses de solidarité, élargir ses pratiques de solidarité, manifester pour étendre le mouvement. Partout où existent des Assemblées générales, il faut s’en rapprocher et y organiser l’extension de la grève avec les collègues et les autres branches. On peut prendre contact avec notre organisation syndicale pour se mettre rapidement en lien avec les militant.e.s de son secteur géographique.
Le 18, un pas vers la généralisation ?
Les travailleuses et travailleurs, retraités, actifs ou privés d’emploi n’en peuvent plus. Pour gagner, il n’y aura pas de jeu institutionnel. Seule la généralisation de la grève de production permettra de remettre en cause toutes les politiques qui nous pourrissent la vie. C’est le sens que nous donnons au mot d’ordre « Bloquons tout ! ».
Le 18 septembre doit être un pas dans ce sens. A condition de se regrouper en Assemblée générale interprofessionnelle le matin, de discuter des points d’appuis et des difficultés de la mobilisation, discuter d’un plan de bataille, et organiser concrètement les suites.
Dans le même temps, la manifestation parisienne doit être la plus massive possible pour donner confiance, pour ne pas laisser la place au pouvoir sur le comptage. C’est aussi se regrouper avec les collègues, les grévistes, se compter et avancer dans les cortèges dans la syndicalisation par branche et montrer notre détermination.
Les rendez-vous du 18 septembre
Assemblées générales
AG interprofessionnelle Secteur Argenteuil – Val d’Oise Sud
9h à l’Union Locale CGT de Bezons (6 rue Parmentier)
AG interprofessionnelle Secteur Cergy-Pontoise
9h30 à la Maison des Syndicats de Cergy
AG Interprofessionnelle Secteur Est du Val-d’Oise
9h30 à la salle EAD, 10 rue du Tiers Pot, Garges
AG Education, Montigny-les-Cormeilles
9h, salle de réunion du 3ème étage de l’Ecole COPPENS
Manifestations
11h – Rassemblement au parc des berges, bd Héloïse, Manifestation vers la gare d’Argenteuil
14h – Manifestation régionale à Paris, Place de la Bastille
Des départs collectifs sont prévus
Un syndicat pour la grève générale ?
Bien sûr la généralisation de la grève suppose aussi des syndicats dignes de ce nom pour aider à l’organiser. Toutes ces dernières années, le syndicalisme d’entreprise, implanté chez les seuls donneurs d’ordre, n’en finit pas de montrer son inefficacité et son absence des grèves. Qu’attendons-nous pour très vite tourner la page de cette impasse qui ne génère qu’échecs et désespoir ? Les syndicats d’entreprise, carapatés sur les salarié.es des donneurs d’ordre, ne font qu’accompagner l’organisation patronale de la main d’œuvre et produisent déserts syndicaux, morcellement, culture d’entreprise. Le mouvement de grève à venir doit donc aussi servir à refonder le modèle historique des victoires sociales : fusionner des syndicats d’entreprise impuissants en syndicats locaux par branche, dynamiques, pour organiser rapidement tous les salarié.es de la chaîne de sous-traitance (jeunes, femmes, immigrés).
On peut alors frapper plus fort, dans la grève mais aussi après, en se battant à nouveau sur les conventions collectives, les statuts, la réintégration dans la bataille de l’ensemble du salariat… et le sens même du travail! En 1936, si des millions de travailleurs/ses intègrent en 3 mois la CGT, c’est bien parce qu’elle est organisée à la fois en syndicats de branche et dans des Unions locales (interpro) dynamiques, vivantes, pour expérimenter tout de suite une autre société et proposer une alternative globale…le Socialisme.
