Communiqué du 10/10/2024 de la CGT Educ’action 95.
Aujourd’hui, la préfecture du Val-d’Oise a décidé de lancer une opération de « contrôle » de police sur les Lycées Jules Verne de Cergy et Ferdinand Buisson à Ermont. Présence massive de policiers, chiens, fouilles et contrôles devant le lycée, le tout affublé du hashtag pédagogie dans une communication bien rodée. Pour nous, la police n’a pas sa place dans les établissements scolaires !
Nous défendons l’École comme un lieu émancipateur. Nos établissements ne sont pas imperméables aux violences de la société et ils en sont hélas trop souvent le témoin. Néanmoins, la présence de la police ne règle pas les problèmes, au contraire.
Nos élèves subissent déjà trop souvent l’arbitraire policier dans leurs quartiers (contrôle au faciès, violences, etc.). Quand ils viennent à l’École, cela les extrait parfois d’une réalité sociale violente faite de précarité, de rejet… Et cela permet de nouer des liens différents et de dialoguer plus en profondeur sur les problèmes de société.
S’il en faut une preuve, les échanges entre les travailleuses et travailleurs de l’éducation et les jeunes sont bien moins violents que quand il s’agit des forces de l’ordre.
La présence de la police détruit tout cela. Cela tend l’atmosphère, au sein, aux abords et en dehors de l’établissement. Tout cela au nom d’une communication de la préfecture qui n’en a rien à faire des conséquences au sein de l’établissement dans les jours qui suivront. Une préfecture qui ne respecte en rien les rythmes de l’École devenue un simple lieu d’expérimentation. Une fois de plus, ce sont des établissements populaires qui sont visés. On peut aisément imaginer le tollé si la même opération avait lieu à Stanislas ou à Henri IV.
Si nous défendons que l’École doit être un lieu d’émancipation, cela ne doit pas se faire sous occupation policière. Nous ne nions pas les violences qui existent dans les établissements. Par contre, nous le disons clairement, elles ne s’arrêteront pas par le répressif mais par la présence de plus de personnels pédagogiques et éducatifs, par plus de dialogue, en donnant aux jeunes la possibilité de comprendre le monde qui les entoure. Mais surtout par le fait de dessiner un projet collectif et émancipateur.
Ce dont nous avons besoin, ce sont des moyens à la hauteur de tous nos besoins ! Aucun·e enseignant·e et aucun·e élève ne devrait faire cours sous le regard de la police venue contrôler des lycéen·nes !
