
Travailleurs, personnels d’éducation, syndicalistes, nous savons que l’extrême-droite est un poison mortel pour la classe travailleuse dans ses luttes d’émancipation. Nous savons aussi que celle-ci prospère et se développe :
- d’une part du fait des politiques néo-libérales violentes subies ces 40 dernières années, créant de la désespérance,
- d’autre part par un terreau de politiques autoritaires, réactionnaires et racistes, dans un processus d’extrême-droitisation à tous les échelons.
Par conséquent, nous pensons qu’une lutte spécifique doit être menée contre l’extrême-droite et le risque fasciste pour combattre pied à pied cette idéologie mortifère au service des intérêts de la bourgeoisie. Pour ce faire, nous proposons aux collègues, aux militant·es, à chacun·e, d’être acteur et actrice de cette lutte en diffusant largement autour de soi les argumentaires à retrouver ci-dessous, pour convaincre de ne pas donner une voix au RN et à l’extrême-droite le 30 juin, ni à tous leurs acolytes qui leur servent la soupe ! Cela en ayant conscience que l’utilisation tactique de notre bulletin de vote contre l’extrême-droite n’est qu’un moyen, pas une fin ! Car la classe travailleuse ne peut déléguer à quiconque son avenir !
En effet, c’est par nos luttes sociales et collectives unitaires que non seulement nous éloignerons le danger, mais que nous contre-attaquerons pour de vraies conquêtes sociales, en alternative au projet de l’extrême-droite.
1) Argumentaire à destination des personnels d’éducation
Dans l’éducation, nous proposons le tract de l’intersyndicale unie contre l’extrême-droite ainsi qu’un argumentaire en 5 points (proposé par l’intersyndicale 93).
Tract unitaire : personnels de l’éducation, toutes et tous ensemble contre l’extrême-droite


Argumentaire type. 5 raisons pour lesquelles l’extrême-droite ne doit pas arriver au pouvoir
- L’école de la ségrégation poussée à son paroxysme
Tri des élèves, mise au pas des enseignant-es, uniforme et resserrement sur des fondamentaux … Si l’application de ces réformes est déjà dans le « choc des savoirs » que nous dénonçons, le Rassemblement national irait encore plus loin en démolissant le projet de l’école démocratique ! - Une caporalisation des personnels de l’éducation, sans liberté pédagogique !
Le pouvoir de contrôle et de sanction des corps d’inspection serait renforcé. La gouvernance de ce système serait surtout fondée sur le contrôle strict des enseignant-es et de leurs pratiques, et l’imposition de manuels et de programmes très restrictifs. - Un renforcement accru des inégalités socio-scolaires
1 enfant de chômeur sur 5 n’a pas son brevet, 1/38 pour les cadres. La sélection serait redoublée notamment par la disparition totale du collège unique avec les groupes de niveaux, ou par un accès au lycée conditionné à l’obtention du brevet. - La destruction du service public d’éducation
L’extrême droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens, ni ne parle de la dégradation des conditions de travail. L’accent serait mis sur le tout répressif et la vidéoprotection, pas sur l’éducation et les moyens d’enseignement. - Un projet d’école et de société raciste, autoritaire, obscurantiste et fascisant
Par nature, xénophobe et raciste, l’extrême droite est un danger pour l’École publique, pour nos élèves et leurs familles, nos collègues et pour la démocratie, en prônant des politiques fondées sur la discrimination de genre, de race, de validisme et d’orientation sexuelle.
Dans notre secteur, l’Éducation, au bord de l’effondrement, face à l’extrême-droite et aux néo-libéraux, imposons nos revendications :
- Retrait de toutes les contre-réformes de casse de l’Éducation (“Choc des savoirs”, réforme LP, …), pour une école émancipatrice (non au SNU, aux évaluations d’établissement…),
- Des moyens à la hauteur de nos besoins,
- Augmentation générale des salaires et un vrai statut pour les personnels précaires.
2) Argumentaire interprofessionnel
Personnels d’éducation, nous ne sommes pas déconnectés du monde de l’emploi et donc des enjeux interprofessionnels. Il est clair que l’extrême-droite est l’amie du capital et représente une imposture sociale.

Face à l’extrême-droite et aux néo-libéraux, il faut faire front sur nos revendications :
- Abrogation immédiate de toutes les mesures antisociales imposées par les gouvernements Macron, Hollande, Sarkozy…, à commencer par la retraite à 64 ans et les 43 annuités, la destruction de l’indemnisation chômage, la loi immigration, les “lois travail” El Khomri-Macron, etc.,
- Retraite à 60 ans et 37,5 annuités pour toutes et tous,
- Augmentation générale des salaires,
- Une Sécurité sociale intégrale pour toutes et tous sous contrôle unique des travailleurs,
- Transfert immédiat des crédits de guerre aux services publics, notamment à l’Hôpital et à l’École,
- Opposition à toutes les guerres impérialistes.
Contre l’extrême-droite et les néo-libéraux de droite comme de gauche, pour le progrès social ; le monde du travail, la classe des travailleurs et travailleuses à laquelle nous appartenons peut et doit réagir avec ses meilleures armes : l’unité, la grève et la solidarité !
Pour aller plus loin
- Déclaration de la CGT Educ’action 95 : Face à l’extrême droite et aux politiques antisociales : construire un front unique des travailleuses et travailleurs
- Tract de la CGT Educ’action : Il y a urgence à ne pas reconduire la macronie et à empêcher l’arrivée du RN
- L’appel unitaire : Le 23 juin, nous sonnerons des alertes féministes partout en France pour appeler à faire barrage à l’extrême droite
