Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

[Tract] Contre la casse du Lycée professionnel :  toutes et tous en grève, en AG et en manif le 12 décembre

Heures supprimées, élèves précarisés, métiers en danger ! 

Les rendez-vous du 12 décembre
Assemblée Générale sur le bassin Argenteuil-Val-d’Oise Sud à 9h à l’Espace Mandela (82 Bd du Général Leclerc à Argenteuil), avec un repas partagé le midi.
Manifestation à 14h Place de la Sorbonne à Paris.
Une Assemblée Générale aura lieu en fin de journée à l’échelle de la région parisienne à 18h à la Bourse du Travail (Place de la République à Paris). Cela sera un moment important pour se coordonner avec tous les secteurs de l’Éducation et proposer des perspectives pour janvier afin de préparer une riposte globale. 
Sommaire

Une nouvelle fois le gouvernement prévoit une réforme du Lycée professionnel, en mettant en avant les dysfonctionnements (baisse du niveau) qui résultent de sa propre politique de suppressions d’heures. Derrière ces déclarations, c’est surtout une attaque qui pousse encore plus loin la mainmise du patronat sur nos métiers et nos élèves. 

Supprimer des heures de cours : baisser encore le niveau de qualification 

La réforme prévoit la suppression de 72 heures de cours en Seconde et en Première et de quatre semaines de cours en Terminale, soit 98 heures en moins.  Pour nous se sera des suppressions de postes, pour les élèves une déqualification encore plus prononcée de leur formation et donc une difficulté encore plus grande pour s’en sortir sur le marché de l’emploi. Les heures d’enseignement professionnel baissent également, au profit d’une pseudo formation dans l’entreprise. L’augmentation des horaires dites « fondamentales » n’est donc qu’un trompe l’œil ! 

C’est aussi la mise en place pour les Terminales des « parcours diversifiés » à partir de la mi-mai qui va exploser l’organisation des emplois du temps et être un puissant levier d’annualisation du temps de travail !

Nos élèves ont besoin de plus et de mieux d’École, pas de plus d’entreprise !

Élèves précarisés ! 

En Seconde et en Première, les soi-disant dédoublements sont en réalité la mise en place de groupes de niveaux pour accroître le tri-social, ce qui aura comme conséquence la mise en place d’un Bac Pro à deux vitesses. La progression collective, on oublie, le fait que tous les élèves ont une chance de progresser et d’atteindre un niveau de qualification similaire : no way

Pour la Terminale, c’est la même logique. A partir de Mai, il y aura deux choix distincts : soit intégrer des modules de « poursuite d’étude », soit aller en stage, avec un idéal d’insertion directe (mais temporaire) sur le marché de l’emploi. Pour nos élèves souvent issus de milieux populaires, il ne fait pas trop de doute qu’ils feront le choix contraint des stages, quand bien même ils sont rémunérés au lance pierre ! 

À la fin, la diminution du nombre d’heures d’enseignement, l’augmentation importante des périodes de stages et la division sociale des parcours de formation accroîtront une précarité grandissante de nos élèves. Le niveau de qualification et de formation diminuant, ils seront moins aptes à maîtriser le sens et la globalité d’un métier. L’idée est toujours la même : former à une tâche précise pour transformer nos élèves en main d’œuvre corvéable à merci ! 

Formations supprimées ! 

Le gouvernement l’annonce clairement, l’objectif est de supprimer 100% des filières dites « non-insérantes ». Qui décide ? Le gouvernement et les patrons ! 

Encore une logique court-termiste qui n’a aucun sens. Nous formons des élèves pour qu’ils s’émancipent et puissent agir pour l’ensemble de la société. Mettre en adéquation filière et zone géographique, c’est fermer la possibilité d’évolution et de choix des élèves. Pour nous, c’est le risque des mutations ou reconversions forcées mais également des suppressions massives de postes. 

Au lieu de ça, il faudrait plutôt réfléchir aux enjeux sociaux et écologiques actuels, pour faire évoluer qualitativement l’ensemble des filières pour que les élèves gagnent en qualification. 

Contre la réforme, se battre pour un Lycée pro qualifiant et émancipateur ! 

Le lycée professionnel est une richesse car il permet de former de futurs travailleurs et travailleuses experts dans leur domaine. Il devrait offrir des formations qualifiantes tant dans les matières professionnelles que générales, pour que les futurs salarié.e.s que nous formons soient capables d’esprit critique, de maîtrise du sens de leur métier, en étant maître de leur avenir ! 

Dans l’immédiat, il faut donc revenir à un Bac Professionnel en quatre ans, transférer dans le secteur public les fonds ouverts aux secteurs privés de formation pour réouvrir des filières professionnelles sur l’ensemble du territoire. Pour nos élèves, il faudrait aussi que les périodes de formations professionnelles soient prises en compte dans la cotisation pour les retraites, avec une rémunération par les entreprises à minima à la hauteur du SMIC. Enfin, toute entreprise qui perçoit des aides publiques doit être contrainte à prendre des stagiaires issus du lycée professionnel !

Faire grève le 12 décembre, c’est une nécessité pour nos métiers, nos élèves et notre avenir. Cela doit aussi être un moment de remise en avant de nos revendications pour un lycée professionnel émancipateur et qualifiant. Nous ne défendons pas le modèle actuel qui est abîmé par 30 ans de politique néo-libérale, nous opposons à cela un autre modèle d’éducation pour toutes et tous.

Enfin suite aux annonces dévastatrices de Attal, cette date peut-être le moyen de regrouper et discuter de la nécessité d’une riposte globale de l’ensemble du monde de l’Éducation attaqué. Même École, même combat !

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