C’est nous les praticiens et praticiennes, c’est nous qui travaillons, c’est donc à nous de décider !
Dans son courrier du 25 octobre 2023 adressé aux IEN du Val-d’Oise, le directeur académique (DASEN) impose aux équipes de travailler sur les sujets suivants pour la journée de solidarité :
- une « concertation supplémentaire sur le projet d’école en s’appuyant notamment sur l’analyse et l’exploitation des évaluations nationales »,
- un concertation « peut tout à fait s’inscrire dans la dynamique « notre école faisons-la ensemble ». »,
- la préparation des évaluations d’écoles pour les écoles inscrites dans le dispositif.
Pour le « 2ème jour de pré-rentrée », il propose aux équipes de réfléchir sur les évaluations d’école et au dispositif macroniste du CNR « notre école faisons-la ensemble ».
Avec ce cadrage strict et imposé de manière arbitraire par le DASEN, il s’agit d’installer contrôle idéologique sur les contenus dans la droite ligne de l’école blanquérienne. En obligeant les équipes à participer aux évaluations d’écoles et au CNR, le DASEN accentue l’offensive néolibérale contre l’École publique. Il s’agit d’inscrire les collègues dans une logique managériale qui nie le travail des équipes pédagogiques dans leur école ou établissement. Il s’agit aussi avec des prescriptions établies à l’issue de ces évaluations de mettre fin à la liberté pédagogique.
De nombreuses écoles ont largement effectué le nombre d’heures équivalentes à ces deux journées.
Pour la CGT Educ’action 95, c’est aux équipes de décider de l’orientation pédagogique la plus à même, de répondre aux besoins des enfants notamment ceux des quartiers populaires.
C’est les équipes qui travaillent pour une école émancipatrice. C’est les équipes qui produisent les contenus d’apprentissage des élèves. C’est donc à elles de décider !
Pour la journée de solidarité, le DASEN s’appuie sur l’arrêté du 4 décembre 2005
Que dit l’arrêté ?
« Pour les personnels enseignants des premier et second degrés et les personnels d’éducation : Une journée, le cas échéant fractionnée en deux demi-journées, est consacrée hors temps scolaire à la concertation sur le projet d’école ou d’établissement mentionné à l’article L. 401-1 du code de l’éducation …» (…) « Sa date est déterminée dans le premier degré par l’inspecteur de l’éducation nationale après consultation du conseil des maîtres et dans le second degré par le chef d’établissement après consultation des équipes pédagogiques. »
Commentaire de la CGT : Pour les équipes du 1er degré, les collègues doivent donc se concerter sur le projet d’école et c’est à elles de décider du contenu. Les évaluations d’écoles et le projet macroniste du CNR n’ont pas à s’inscrire dedans.
Pour la 2ème journée de pré-rentrée, le DASEN s’appuie sur l’arrêté du 7 décembre 2022 fixant le calendrier scolaire
Que dit l’arrêté ?
« Pour les enseignants, deux demi-journées (ou un horaire équivalent), prises en dehors des heures de cours, pourront être dégagées, durant l’année scolaire, afin de permettre des temps de réflexion et de formation sur des sujets proposés par les autorités académiques. »
Commentaire de la CGT : Les termes « pourront » et « sujet proposés » n’ont aucun caractère injonctif. Le DASEN à propos des objets de travail utilise l’expression : « pourront prendre la forme ». Il n’y a donc aucune obligation à effectuer cette deuxième journée de pré-rentrée, telle qu’elle est présentée par le DASEN.
A propos des évaluations d’école…
Les organisations syndicales lors du F3SCT du 6 juillet 2023 préconisent l’abandon de ces évaluations :
« Ces évaluations dégradent les conditions de travail des personnels dans le département (surcharge de travail, pilotage par les résultats et risque de mise en concurrence des écoles, collèges et lycées). Nous alertons sur les risques psycho-sociaux que peuvent entraîner ces évaluations et sommes défavorables à leur poursuite. Ces pratiques que l’on peut relier au protocole d’évaluation des élèves ont avant tout pour objectif de standardiser nos pratiques pédagogiques et évaluatives. Cela remet en cause notre statut d’enseignant concepteur de nos métiers et notre liberté pédagogique. Ceci doit être également rapproché du PACTE, en particulier dans sa dimension de remplacement de courte durée. » (…) « C‘est pourquoi la F3SCT exige le retrait des évaluations… »
Au CSA du 7 novembre 2023, les organisations syndicales demandent que toutes les écoles et collègues qui le souhaitent puissent être retirées du dispositif.
Pour conséquent, la CGT Educ’action donne comme consigne syndicale :
- de ne pas effectuer la journée solidarité lorsqu’elle a été effectuée par les équipes lors de multiples concertations,
- de ne pas effectuer la deuxième journée de pré-rentrée, telle qu’elle est présentée par le DASEN, puisqu’il n’y a aucun caractère obligatoire dans l’arrêté du 7 décembre 2022,
- de nous faire remonter toutes les pressions orales ou écrites des IEN,
- de rédiger des motions d’écoles contre les évaluations d’école,
- que les équipes décident du contenu lors des réunions : le conseil des maîtres doit regagner sa souveraineté.
