Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Édito. Face aux attaques tous azimuts : nous sommes nombreux•ses, (ré)organisons-nous !

Depuis le 19 janvier, le pays a été parcouru par une mobilisation inédite et historique. Inédite avec une intersyndicale qui appelle dans l’unité le 7 mars à bloquer le pays, un rejet massif de la contre-réforme des retraites, des élus de la Macronie sous casserolades… Historique par sa longue durée, par le nombre cumulé de manifestant·es dans tout le pays, par le recours, même minoritaire et partiel à la grève pour de nombreux·ses travailleurs·ses qui ne l’avaient jamais pratiquée. Historique par l’unité politique de notre classe, par l’isolement du gouvernement et un début de fragilisation de la bourgeoisie. Pour autant, le projet est bel et bien passé et doit être appliqué le 1er septembre. Il faut donc commencer à tirer les bilans pour se (ré)organiser (voir page 2 & 3 de notre Bulletin).

La grève… mais désorganisée, mal reconduite et pas généralisée

La grève a bel et bien été une réalité, mais elle n’a en rien été «générale». Seuls les manifs et appels nationaux ont donné cette illusion. La généralisation de la grève, c’est à la fois des secteurs massifs en grève reconductible, capables de mettre à l’arrêt l’économie et de discuter, en plus des retraites, des revendications, des conditions de travail… et mettant ainsi en cause le pouvoir du patronat et pas seulement celui du gouvernement. On entre en grève pas à titre individuel, mais dans un acte social, en s’organisant avec ses collègues et voisins. En somme une grève syndicale, collective, offensive, inventive et ancrée dans des espaces sociaux du lieu du travail et du quartier.
Ce manque vient bien entendu du calendrier de l’intersyndicale qui ne permettait pas cela, mais aussi et surtout de la faiblesse de préparation et d’organisation avant la grève, celle des Assemblées Générales, de syndicats, de collectifs de travail, de coordination par branches et intepro. Dans le 95, nous avons réussi pour la branche Education à les regrouper de manière plus ou moins massives, à en créer de nouvelles, mais cela est dû à une politique consciente des militant·es syndicaux qui ont mis au cœur de leur activité depuis de nombreuses années le fait de regrouper toutes celles et ceux qui veulent se battre dans ces lieux d’auto-organisation. Sans celles-ci, il était très difficile pour les grévistes de prendre réellement en main leur mouvement. Cela n’a pas permis de reconduire massivement la grève et donc de bloquer de manière substantielle l’économie à partir du 7 mars. Pourtant, on peut penser que si ces 14 journées de grève interprofessionnelle avaient été alignées à la suite, la situation aurait été tout autre. Pour la suite, il faut donc renforcer cette habitude d’assemblées générales de grévistes de proximité, renforcer nos habitudes de nous regrouper sur nos lieux de travail, de bassin avec comme objectif de les massifier mais aussi de coaguler les colères. Et renforcer la syndicalisation, pour augmenter la puissance collective avant, pendant et après la grève.

Les suites : ne pas désarmer, occuper les espaces que nous avons libérés, renforcer notre (ré)organisation

La colère est présente tant la réforme est injuste, tant le modèle politique autoritaire est remis en cause, tant nos conditions de travail se dégradent, tant le besoin d’exiger du sens au travail émerge à nouveau… Dans l’Education, c’est le PACTE qui vise à nous imposer de nouvelles missions absurdes pour des salaires de plus en plus miséreux, à nous dresser les un·es contre les autres (voir page 5 de notre Bulletin). C’est le manque de moyens et les pressions managériales – évaluations d’écoles et d’établissements, constellations – qui poussent de plus en plus de collègues au burn-out, à la démission, ou à l’isolement individuel. C’est aussi la réforme du lycée pro qui détruit la voie professionnelle, la jetant en pâture à l’appétit vorace du patronat en transformant les élèves en chair à patron (voir page 6 de notre Bulletin).

Il n’y pas de fatalité, il faut préparer la rentrée en regroupant toutes celles et ceux qui veulent résister à ce rouleau compresseur. Nous sommes toutes et tous salarié·es de l’éducation, nous avons le même souci de l’école, nous devons mener le même combat ensemble !