Les 24 et 25 septembre 2026, des élèves des lycées Jean-Jacques Rousseau, Maryse Condé et Pierre Mendès-France se sont mobilisé.es devant les grilles de l’établissement. A Jean-Jacques Rousseau, cette mobilisation a été accueillie par une répression policière massive : plusieurs de nos élèves ont été violemment interpelé.es, insulté.es, frappé.es, et détenu.es en garde à vue. Les pancartes porteuses de leurs revendications ont été arrachées, de manière à délégitimer leur mouvement, pour mieux les criminaliser. Les élèves interpel.ées font état de violences et de menaces de viol de la part des forces de l’ordre. Une de nos collègues a également été plaquée au sol par la police au sein du lycée puis jetée hors de l’établissement. Ce sont des élèves qui l’ont protégée, comme nous avons de notre côté essayé de les protéger de ces violences.
Ce n’est qu’après ces faits que des élèves ont été entendu.es par le préfet de police et le directeur académique, qui ont refusé que des enseignant.es soient présent.es à cet entretien. Au cours de celui-ci, la légitimité de chacune de leurs revendications a été remise en question. L’échange n’a abouti qu’à la proposition d’une réunion lundi avec la vie scolaire de l’établissement, ainsi qu’à une incrimination et une culpabilisation des élèves mobilisé.es, qui se sont vu imputer la responsabilité des dégâts occasionnés.
Or, sans cette mobilisation massive, les élèves n’auraient jamais été reçu.es : nous en savons quelque chose, nous qui, depuis des années, nous engageons, sans effet ou sans réponse, dans des mouvements de grève, pour les mêmes revendications, face au budget austéritaire, à la casse de l’école, et à la mise au pas de la jeunesse.
Leur engagement l’a montré : seule une mobilisation déterminée, collective et convergente portera ses fruits. A leurs côtés, aux côtés de leurs parents, et de l’ensemble de la fonction publique, nous nous mettrons en grève ce mardi 29 septembre pour réclamer :
- la libération immédiate de toustes les lycéen.nes détenu.es et l’abandon de toutes les charges et poursuites contre toustes les élèves du mouvement des blocus ;
- des embauches massives d’enseignant.es, d’AED, d’AESH, d’infirmières et d’assistant.es sociaux/sociales ; la titularisation de tous les personnels précaires ;
- un investissement à hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments, afin d’accueillir chacun.e dans des conditions de travail et d’hygiène acceptables, et de tenir compte du dérèglement climatique ;
- la fin du 8h-18h : des rythmes scolaires viables, permettant à nos élèves d’assimiler vraiment les savoirs et de vivre leur jeunesse ;
- le droit effectif à se réunir librement, s’exprimer et s’organiser en mettant à leur disposition des temps et lieux pour ce faire ;
- la fin de Parcoursup, machine à créer, perpétuer et accentuer des inégalités ;
- le retrait des lois liberticides et la fin de la militarisation de l’école (la loi de 2004, la circulaire abaya, interdiction des téléphones, le SNU, les classes défenses…)
Depuis le début de ce mouvement, nous sommes incité.es à soupçonner nos élèves, à nous en méfier, à en avoir peur.
Nos élèves ne méritent pas d’être réprimé.es, mais écouté.es et soutenu.es.
Pour nous organiser, prof.fes, élèves et parents, retrouvons-nous en assemblée générale à la salle des Vignes blanches, le 29.09, à 10h puis en manifestation !
Des enseignant.es du lycée Jean-Jacques Rousseau, aux portes du commissariat de Sarcelles, vendredi 25 septembre 2026
