Madame la directrice académique adjointe,
C’est avec sidération que nos collègues de l’école maternelle Lapierre à Argenteuil ont découvert au hasard des documents du groupe de travail de carte scolaire du 18 juin, une mesure de fermeture malheureusement confirmée par vous au CSA SD du 25 juin. C’est aussi ce choc qu’ont éprouvé les collègues de l’école maternelle Les Lévriers, à Montmagny. Nous lions volontairement ces 2 situations parce qu’elles recouvrent des réalités socio-éducatives extrêmement proches de 2 écoles maternelles au statut d’écoles « isolées » dans 2 quartiers populaires du département.
Il nous paraît utile de vous rappeler quelques points saillants du contexte partagé de ces écoles pour exiger que les mesures de fermetures y soient annulées :
– A Lapierre, les conditions actuelles de cette école à 8 classes ont mené l’équipe à se mobiliser une nouvelle fois, y compris par la grève, le 19 juin, pour alerter sur le climat scolaire dans l’école et le quartier de la cité Champagne. Cette action ayant été décidée sans connaissance de vos intentions de carte scolaire, puisque madame l’IEN de la circonscription d’Argenteuil Nord n’a pas cru bon prévenir nos collègues de la fermeture alors que l’école n’a été l’objet d’aucune surveillance de fermeture en mars/avril et que ses effectifs remontent en fin d’année.
– Aux Lévriers à Montmagny, l’équipe s’est aussi mobilisée avec 9 classes. Là encore l’IEN n’a prévenu de rien, sans aucune surveillance de fermeture en mars/avril.
– Le turnover de l’équipe Lapierre maternelle est impressionnant : la plus ancienne est là depuis 4 ans et part à la rentrée prochaine. Seuls 2 collègues sur les 8 seront présents à l’école l’année prochaine. C’est pourtant une équipe soudée qui prend soin du collectif de travail mais usée en peu de temps par des besoins éducatifs majeurs et un manque de moyens déjà à 8 classes. C’est un risque sérieux aux Lévriers maternelle qui existe déjà aux Lévriers élémentaire.
– Ces 2 dernières années des incidents majeurs viennent illustrer la difficulté sociale dans ces deux quartiers notamment une intrusion d’un parent venant s’en prendre à un enfant et des bagarres entre parents devant l’école Lapierre, ou encore le dépôt d’une plainte abusive à l’encontre de l’école des Lévriers lors de la direction par intérim forcée de l’enseignante de TPS. Aucune aide, ni réponse n’a d’ailleurs été apportée par l’IEN de circonscription, comme établie dans le compte rendu de la visite F3SCT dans cette école cette année.
Une nouvelle fois l’approche démographique stricte en carte scolaire n’a plus aucun sens quand le réel nécessite d’être considéré. Nos collègues nous disent aussi que cette année avec un peu moins d’effectifs a donné du sens à leur travail quand le lien et le relationnel sont une priorité absolue, voir préconisations du compte-rendu F3SCT sur l’inclusion aux Lévriers. Le chiffrage de PPS et d’enfants dit « à besoin particuliers » est important mais de toute façon sous-estimé du fait qu’il s’agit d’école maternelle, le premier maillon dans une chaîne longue et difficile de reconnaissance par les familles de diagnostics de troubles et de handicaps.
En outre, les chiffres de votre carte scolaire sont faux au 25 juin, par exemple, 54 petits sont d’ores et déjà inscrits à Lapierre quand votre document n’en mentionne que 50. Nous nous questionnons une nouvelle fois sur le sérieux des remontées effectuées par vos IEN.
De plus, à Lapierre comme aux Lévriers, comme dans tous les quartiers populaires avec logements sociaux depuis 50 ans, des inscriptions en septembre / octobre sont récurrentes, puis tout au long de l’année. A titre d’exemple, ce sont 14 enfants inscrits en 2025/2026 entre septembre et octobre à Lapierre.
Enfin, ces deux écoles font partie des très rares écoles « isolées » du département avec des seuils de REP en carte scolaire mais malheureusement pas de classes dédoublées en grande section de façon absurde surtout au regard de la situation de difficultés sociales des deux élémentaires. Quel signal, ces deux fermetures enverrait aux familles sur la prise en compte réelle des difficultés socio-éducatives de leur quartier par l’éducation nationale ?
Pour être présents dans ces quartiers, nous sommes aussi témoins que votre décision ne passe pas auprès des parents d’élèves, qui se sont déjà mobilisés par le passé et qui vivent très mal la situation de fermeture et ses conséquences.
Aussi, lors du repli de CSA SD du mardi 30 juin, du fait d’un vote contre unanime des organisations syndicales, nous vous demandons de revenir sur votre décision de fermeture à Lapierre comme aux Lévriers maternelle par souci d’équité.
