Nous relayons ci-dessous la tribune signée des élèves du Lycée Camille Pissaro de Pontoise qui se mobilisent dans le cadre du mouvement général de la jeunesse qui a lieu actuellement. Nous les soutenons pleinement !
A l’attention de la nation française, et de tous ceux susceptibles de prendre des décisions quant à nos revendications :
Nous, élèves du lycée Camille Pissarro à Pontoise (95), nous nous inscrivons dans un mouvement de révoltes lycéennes qui a pour but d’améliorer nos conditions d’études, en réformant profondément l’éducation nationale et en obtenant des moyens dignes. Aujourd’hui, nous ne demandons plus, nous imposons : vous nous avez vus et entendus, maintenant écoutez-nous et regardez-nous. Ce mouvement n’aura de cesse que si nos conditions sont acceptées et que des mesures concrètes politiques et administratives sont adoptées immédiatement.
Nous avons identifié, comme causes principales des inégalités, le budget alloué à l’Éducation Nationale et par extension à nous, les élèves. Ce manque de moyens et de ressources impacte notre éducation ; ce manque d’investissement se traduit également par un mépris et une infantilisation constante de la jeunesse, jeunesse qui aujourd’hui a décidé de se battre pour ses droits fondamentaux.
Premièrement, nous souhaitons attirer votre attention sur le budget précaire attribué à l’éducation qui impacte fortement nos vies lycéennes. En effet, ce budget est la cause du manque d’effectifs (AESH, enseignants, infirmiers, psy EN) qui mène à une surcharge des classes et un emploi du temps oppressant. Ainsi, notre identité humaine est effacée au profit de celle de simples élèves, impactant directement notre santé mentale. En parallèle de cet emploi du temps inhumain, il nous est demandé de viser l’excellence.
Ce problème budgétaire est également à l’origine d’un environnement défavorable au travail : dans notre lycée, les bâtiments sont abîmés, le matériel informatique est défectueux, l’hygiène laisse à désirer et les infrastructures sont insuffisantes ; par exemple : notre lycée de 1900 élèves possède une cantine avec une capacité bien trop limitée, et donc des temps d’attente trop longs, si bien que certains élèves ne peuvent parfois pas manger. Cela mène également à des inégalités d’accès à la culture avec des baisses drastiques dans le Pass Culture (passé de 15 à 17 ans), un pass Navigo trop cher pour certains élèves qui ne peuvent s’en passer, ainsi que des difficultés d’accès à la bourse étudiante.
Deuxièmement, le mépris constant constitue un rempart à la communication entre les élèves et le lycée, symptomatique d’un manque de démocratie dans notre établissement et ailleurs, menant ainsi à une infantilisation constante qui nous empêche de nous faire entendre aujourd’hui. L’invisibilité du CVL et des autres instances lycéennes sont un exemple de ce manque de considération.
Les inégalités se ressentent également au sein de nos filières, notamment les filières professionnelles et technologiques : difficulté d’accès aux stages, exploitation durant ces mêmes stages, et manque de matériel spécifique. Nos camarades de CPGE et de BTS pâtissent également de ce manque de moyens spécifiques à leur formation. Ces inégalités se cristallisent enfin à la fin du lycée avec Parcoursup, un logiciel automatique inégalitaire, inhumain et opaque qui trie les élèves par leurs origines sociales et ethniques, leurs filières et leur lieu de résidence. Nous demandons une abolition ou une réforme radicale de Parcoursup.
Enfin, nous avons exprimé ces revendications et avons reçu pour seule réponse une violence extrême dans le but nous faire taire, ignorant ainsi nos droits. Nous souhaitons être entendus, mais également être reçus par nos représentants pour témoigner de l’ampleur de notre engagement.
Nous ne souhaitions pas en arriver là pour pouvoir être entendus. Pour finir, laissez-nous citer l’Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Signé : les élèves du lycée Camille Pissarro
