Nous, section syndicale CGT du lycée Romain Rolland de Goussainville, souhaitons adresser notre soutien et notre solidarité aux lycéen·ne·s mobilisé·e·s. Lundi matin, ce sont les élèves de notre lycée qui se sont joints à cette mobilisation lycéenne qui se construit en Ile-de-France et en France depuis la semaine dernière.
Nous rejoignons les revendications portées par les élèves et déplorons ces conditions d’études et d’enseignement :
- Nos effectifs par classe explosent (35 élèves et plus) ;
- Nos bâtis scolaires ne sont pas adaptés au nombre d’élèves croissant et sont de véritables passoires thermiques ;
- Nos collègues ne sont pas remplacé·e·s ;
- Les emplois du temps sont surchargés depuis la réforme de 2019 ;
- Les personnels du pôle médico-social ne sont pas en nombre suffisant pour nos besoins ;
- Nous manquons cruellement d’AESH pour accueillir nos élèves en situation de handicap ;
- Nous dénonçons la sélection et le tri opaque dans l’accès au supérieur par Parcoursup ;
Ces revendications sont légitimes et méritent d’être écoutées. Pourtant elles sont réprimées de la manière la plus brutale qui soit. Alors que la situation devrait conduire à l’ouverture d’un dialogue, la présence disproportionnée d’agents de police et de CRS devant les lycées a pour unique but d’intimider les élèves et les faire taire. Nous avons été particulièrement choqués par les interpellations violentes, les dizaines de mises en garde à vue, les pancartes arrachées par les forces de l’ordre aux mains de lycéen·ne·s qui tentaient de manifester. Ce sont aussi les nombreuses violences policières qui s’en sont suivi, devant les établissements ou au sein des commissariats, que nous dénonçons.
Force est de constater que la stratégie de l’institution est de noyer la parole de celles et ceux qui souhaitent porter des revendications et d’entraver leur droit à manifester. Ne nous faisons pas d’illusion, le moindre « débordement » est une aubaine pour l’État qui l’agite comme prétexte pour étouffer l’ensemble d’une mobilisation qui anime aujourd’hui des milliers de lycéen·ne·s.
Le budget 2026 proposé par le gouvernement s’annonce dans la continuité des précédents, avec des coupes austéritaires cassant toujours plus l’éducation et plus largement l’ensemble des services publics. Si le ministère revendique un maintien et une “préservation” des fonds alloués à l’éducation, les moyens sont loin d’être à la hauteur pour nos élèves et les travailleurs et travailleuses de l’éducation. Ces diminutions des moyens ont déjà des impacts sur les conditions d’enseignement de cette rentrée : les établissements du Val-d’Oise subissent une perte drastique des heures supplémentaires exceptionnelles qui permettent pourtant d’assurer des dispositifs de soutien et de bien-être des élèves (heures de soutien, devoirs faits, ateliers divers).
Cette réduction des moyens dans les services publics permet d’alimenter toujours plus les dispositifs répressifs et militaires de l’État, mais aussi des cadeaux fiscaux sans contrepartie aux grandes entreprises qui ne voient d’ailleurs l’école que comme un outil de production. Notre mission est de former les futur·e·s citoyen·ne·s dans une école émancipatrice, non pas des soldats et de la main-d’œuvre corvéable. L’engagement des élèves et des personnels investi·e·s dans les mobilisations montre la volonté de s’exprimer et de s’opposer aux violences institutionnelles que tout ceci entraîne.
Nous appelons les collègues à se montrer solidaire des mobilisations des élèves et étudiant·e·s.
La section syndicale CGT du lycée Romain Rolland
