Interpellation de la CGT Educ’action 95
Depuis quelques semaines, nous connaissons un mouvement de la jeunesse lycéenne d’une profondeur inédite, rejoint massivement par les étudiant·es. Ce mouvement est parti des quartiers populaires d’Ile-de-France et s’est propagé comme une trainée de poudre partout. En revendiquant à la fois des conditions d’étude dignes (moyens, bâti, remplacement des professeurs, rythmes scolaires intenables…) mais aussi en dénonçant toutes les oppressions qu’ils et elles subissent (tri social, racisme, autoritarisme…). Finalement, les lycéen·nes remettent en cause la violence du système capitaliste qui, dès l’École, les destine à un statut social et politique de précarité et d’exploitation.
Personnels d’éducation, cela fait des années que nous nous battons pour les mêmes revendications. Leurs conditions d’étude sont nos conditions de travail ! Nous aussi, nous exigeons des moyens à la hauteur de tous nos besoins pour mettre en place une École réellement émancipatrice et non soumise aux intérêts du patronat et au militarisme grandissant.
Ce n’est pas par hasard que la majorité de la population soutient ce mouvement : en tant que travailleur·euses, nous subissons tous la politique austéritaire, répressive et antisociale du gouvernement. Les mêmes font payer leur crise à la jeunesse comme aux travailleur·euses. Contre ces attaques délibérées et ceux qui s’engraissent sur notre dos, nous revendiquons des hausses générales de salaire et des retraites, leur indexation sur l’inflation, la retraite à 60 ans ! Mais aussi l’expropriation des monopoles de l’Energie pour les placer sous contrôle des travailleur·euses. Ou encore la réduction du temps de travail : comme les lycéen·nes, nous nous résignons pas aux journées de travail interminables (8h-18h) qui ne nous laissent pas le temps de vivre.
Dès le début du mouvement, des collègues se sont solidarisés avec leurs élèves en proie à une répression féroce sans précédent, en se mettant en grève et en les rejoignant sur les parvis. Très vite, la question de la convergence avec nos élèves s’est posée. La CGT Educ’action 95 a soutenu et encouragé les cadres d’auto-organisation afin que le mouvement puisse se structurer et s’élargir. D’abord en essayant de lier les lycéen·nes, les personnels et les parents d’élève au sein des établissements mobilisés, puis en coordination avec d’autres établissements à travers des assemblées générales de bassin. Ensuite en essayant de lier ce mouvement à l’ensemble du monde du travail à l’image des dockers et raffineurs au Havre, des énergeticiens à Saint-Denis, des cheminots à Epinay, des soignants à Paris, … Pour nous, c’est la meilleure réponse qu’on puisse avoir contre la répression, mais aussi pour faire monter le rapport de force pour gagner !
Alors que le mouvement de la jeunesse bat son plein, alors que le 17 octobre est dans tous les esprits depuis quelques mois, la CGT Educ’action 95 est sidérée par la « réponse » de l’intersyndicale et de notre confédération qui appellent à la grève interprofessionnelle le 5 novembre. Manque de réactivité ou volonté de cadenasser et d’étouffer le mouvement ? Dans les deux cas, cela nous freine dans la possible jonction entre la jeunesse et les travailleur·euses dont nous avons besoin pour faire tomber le budget Macron-Lecornu et leur monde. Aussi, comme on l’a déjà expérimenté en 2023, ces stratégies de grèves perlées ne peuvent aboutir qu’à des défaites.
Face à la colère sociale qui s’exprime à la base, il est urgent que les directions syndicales prennent leur responsabilité. Il ne s’agit pas juste de protéger et encadrer les lycéen·nes mais surtout de les rejoindre en rentrant dans la bataille pour la grève générale.
Ils ont peur, ils sont fragilisés ! Rarement nous avons eu une telle opportunité de relever la tête pour l’emporter ! La CGT Educ’action 95 appelle l’ensemble des collègues et des travailleur·euses à être dans la rue le 17 octobre ! Au côté de la jeunesse, nous sommes déterminé·es à rester mobilisé·es et à faire du 17 octobre et du 5 novembre des dates centrales de convergence à la hauteur des possibles.
Adopté au Conseil syndical départemental du 15 octobre 2026
