Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

De la Palestine à la Syrie, du Venezuela au Rojava, les peuples veulent la fin des empires ! À bas les interventions militaires et l’impérialisme !

Il y a des décennies où rien ne se passe ; et il y a des semaines où des décennies se produisent. L’année 2026 a à peine commencé que cette formule prend tout son sens. Partout, les peuples se révoltent et contestent l’ordre établi. Partout aussi, les puissances impérialistes multiplient les interventions militaires, déstabilisant les sociétés et redéployant leurs pions pour mener leurs guerres d’influence et s’accaparer les ressources. De la Palestine à la Syrie, du Venezuela au Kurdistan, l’offensive impérialiste est globale.
Il serait donc largement nécéssaire de prendre une initiative de rue et de mobilisation globale contre la guerre et les agressions impérialistes, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

La situation en Syrie en est un exemple frappant. Arrivé au pouvoir en novembre 2024 après le renversement de Bachar al-Assad, Ahmed al-Charaa, ancien membre d’Al-Qaïda et chef du HTC (Hayat Tahrir al-Cham), organisation fasciste et djihadiste, mène avec son gouvernement une politique de répression féroce contre les minorités et les forces progressistes issues de la révolution de 2012, sous le regard complice des puissances impérialistes.

Depuis le 6 janvier 2026, les milices du HTC ont assiégé les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiyeh à Alep. Attaques contre des civils et un hôpital, arrestations arbitraires, assassinats, massacres, usage de l’artillerie lourde : tout a été mis en œuvre pour conquérir ces quartiers et en expulser sa population, occasionnant des véritables crimes de guerre sans susciter à ce jour de réaction de la France, de la communauté internationale ou des puissances de la région.

Ce silence couvre un double objectif : enterrer les espoirs portés par le projet émancipateur du Nord-Est syrien — démocratie locale, autonomie des femmes — dont Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh étaient des exemples, et profiter d’un nouveau régime fondé sur la répression pour se repositionner dans la région et s’approprier les ressources. Tandis que les quartiers kurdes d’Alep étaient assiégés, l’Union européenne signait un plan de collaboration de 620 millions d’euros avec al-Charaa. En mars 2025, après les massacres de populations alaouites par le HTC, celui-ci était reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron deux mois plus tard. À cela s’ajoutent les interventions de la Turquie au Nord, d’Israël dans le Golan et la présence en embuscade des États-Unis

Les massacres d’Alep n’ont constitué qu’une étape d’une offensive plus large contre le projet démocratique et émancipateur du Nord-Est syrien, et un nouvel exemple dans le monde des interventions impérialistes contre les peuples.
Le mardi 13 janvier, une nouvelle étape a été franchie et le Rojava est en danger. Le gouvernement syrien a déclaré Der Hafir et sa province comme zone militaire et les milices djihadistes du HTC tentent dorénavant une invasion directe de l’Administration autonome, à l’est de l’Euphrate, appuyés par de nombreux bombardements.

Dans ce contexte, la CGT Educ’Action 95 entend réaffirmer ses principes :

  • internationalistes, nous exprimons notre solidarité avec les populations opprimées de la Syrie, avec l’administration autonome et démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (AADNES) et des autres pays victimes de l’impérialisme.
  • antifascistes, nous saluons la résistance héroïque des combattant.e.s et des habitant.e.s des quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh face aux milices fascistes du HTC. Nous apportons aussi notre solidarité aux forces combattantes et à la population de l’Administration autonome qui se mobilisent dès maintenant et préparent la défense face à la menace d’invasion impérialiste.
  • anti-impérialistes, nous participerons à notre échelle aux initiatives de solidarité qui pourront émerger dans les jours à venir avec le Rojava et appelons dès maintenant à construire une mobilisation plus large contre la guerre et l’impérialisme, du Rojava au Venezuela, de la Palestine à la Syrie.