Vendredi dernier, la CGT Educ’action 95 était reçue en audience à la DSDEN. C’est pour nous une occasion de faire écho aux réalités des collègues sur le terrain, de clarifier certaines positions de la hiérarchie, et de réaffirmer le travail vivant face au travail prescrit.
Etaient présents : M.Wambecke (DASEN), M. Pointreau (secrétaire général), Mme Arnaud-Bantos (secrétaire générale adjointe), M. Kulik (Adjoint au directeur académique en charge du 1er degré),
Les questions posées avaient été transmises en amont à l’administration.
En gras, questions CGT Educ’action 95
En italique , les réponses du DASEN
En rouge , nos commentaires sur les réponses du Dasen
Sommaire :
1er degré
1-Nous constatons que dans les 18h de formation imposées, les personnels n’ont pas eu la possibilité de se former à EVAR alors que c’est annoncé dans les programmes. Or, l’EVAR est bien une priorité.
Le DASEN : Nous avons dit que nous formerions les enseignants, nous n’avons pas dit quand.
Notre avis : Le flou de cette réponse masque que les personnels ne sont donc pas accompagnés sur cette question de l’EVAR, malgré ce qui avait été annoncé dans une communication ministérielle. Il revient donc aux personnels de trouver eux-mêmes leurs modalités de formation. Des pistes intéressantes pourraient être de travailler en partenariat avec des PMI, le planning familial, etc. Ces formations devraient donc être réalisées sur temps de travail.
2-Les personnels doivent tous s’inscrire sur GAIA sur les 3 thèmes (APQ, Harcèlement, Laïcité). Pourquoi cette obligation ? Nous faisons part de notre crainte quant à cette inscription sur le dossier des personnels.
Le DASEN : Je n’ai pas plus de réponse à vous apporter sur ce point.
Notre avis : Nous en concluons que cette inscription sur GAIA n’est pas opportune et que les enseignant·es doivent effectué·es 18h de formation et pas plus. Pour la CGT, c’est à l’équipe pédagogique d’identifier ses besoins de formations et de les proposer à l’IEN.
3-Nous constatons des disparités selon les circonscriptions quant au délai de prévenance des formations et sur leurs modalités d’organisation. Nous demandons à ce que ce délai de prévenance soit porté à 15 jours comme cela a été acté dans le 92 avec les organisations syndicales.
Le DASEN : Vous avez raison et nous en parlerons aux IEN. On ne peut pas demander aux enseignants de venir à une formation lorsqu’on a été prévenu : 1 semaine, 48h ou 24h à l’avance. En revanche, je ne peux pas imposer un délai de prévenance. Je vais quand même voir avec mon collègue du 92 et les autres DASEN pour qu’il y ait une harmonisation académique.
Notre avis : Le délai de prévenance est essentiel pour que les personnels puissent s’organiser. De plus, cela est déjà mis en place dans le 92. Nous demandons à ce que le délai de prévenance soit porté à 15 jours minimum.
4-Dans la vidéo projeté lors de la formation « Plan égalité math-filles », il est précisé que la place des filles dans les filières scientifiques doit être accentué « dans un enjeu économique majeur qui réduirait les inégalités salariales entre femmes et hommes». Nous estimons que l’égalité femmes/hommes doit donner lieu à une réflexion bien plus globale que celle sous le biais de l’accès des filles aux études scientifiques !
Le DASEN : Effectivement, le propos sur la vidéo est maladroit.
Notre avis : Donc, il faut modifier cette vidéo. Concernant la question de l’égalité filles/garçons, nous avons beaucoup d’autres pistes de réflexion que celle uniquement centrée sur l’accès des filles aux études scientifiques. Ainsi, nous proposons déjà qu’à travail égal, les femmes touchent un salaire égal aux hommes, que les métiers très féminisés (par ex. AESH) soient revalorisés.
5-Certaines circonscriptions imposent 7h de rattrapage pour les journée de solidarité, alors que d’autres demandent 6h ou 6,5h. Nous demandons à ce que soit harmonisé sur 6h le rattrapage de cette journée.
Le DASEN : Je suis en accord avec cette demande, j’ai moi-même écrit aux IEN pour que cette modalité de 6h de rattrapage soit appliquée.
Notre avis : Nous attendons donc la concrétisation de cette harmonisation : pour les collègues concerné·es, s’appuyer sur cette réponse pour ne pas dépasser les 6h. Nous demandons à ce que ce temps de travail soit de 6H car si nous calquons 1 journée de solidarité sur 1 journée réelle de classe, cela équivaudrait à 6h de travail. Pour la CGT, c’est à l’équipe pédagogique de décider du contenu de la journée de solidarité en lien avec la vie de l’école et non l’IEN.
6-Est-il possible de déduire les 3h de formation école et cinéma des 108H ?
Le DASEN : Non, ce n’est pas possible.
Notre avis : C’est aux personnels de choisir leur formation en fonction de leur liberté pédagogique. La formation est un droit, elle ne doit pas être subie !
AESH
1-Est-il possible d’avoir un état des lieux précis concernant les manques d’AESH, et du nombre d’enfants en situation de handicap impactés par ces manques ?
Le DASEN : 92% des enfants notifiés sont accompagnés.
Notre avis : Nous ne comprenons pas le sens de cette phrase et ce qu’elle désigne. Le DASEN ne semble pas distinguer les enfants avec notification avec accompagnement et les enfants avec notification sans accompagnement. Le chiffre est donc inopérant. De plus, aujourd’hui un enfant accompagné en mutualisé peut avoir seulement 2h par semaine, parfois moins. Être accompagné ce n’est pas cela. Nous demandons un minimum de temps d’accompagnement à respecter pour chaque enfant notifié et pas plus de 3 enfants à suivre par AESH. Le DASEN : 650 élèves qui relèvent d’un établissement spécialisé sont accueillis dans les écoles. Ces 650 élèves bénéficient d’un accompagnement temps plein.
2-Certains PIALs demandent aux AESH des déclarations d’intention de grève alors qu’ils/elles n’y sont pas sujets.
La direction académique : Effectivement, cette contrainte s’impose aux PE mais pas aux AESH. Certains nouveaux IEN n’en sont peut-être pas informés.
Notre avis : Aucune AESH ne doit donc signer une déclaration d’intention de grève. Les IEN, ignorant cette règle, semble zélés à l’imposer aux personnels les plus précaires de l’Education Nationale. C’est regrettable et nous espérons que le message passera clairement auprès de ces IEN.
3- Gestion catastrophique des affectations des AESH sur les PIAL qui va à l’encontre des préconisations F3SCT : beaucoup de problèmes sont signalés qui influent négativement sur les conditions d’accueil des élèves porteurs de handicaps et sur les conditions de travail des personnels ?
Le DASEN : Les AESH sont ventilé·es en fonction des besoins. Nous comprenons que cela soit difficile pour certains personnels mais il n’y a pas d’autre choix. Les pilotes de PIAL font au mieux.
Notre avis : Ne pas hésiter à nous faire remonter les situations ubuesques auxquelles vous êtes confrontés. La réalité du terrain est opposée à ce que nous dit le DASEN et nous le constatons chaque jour.
4- Pourquoi toutes les AESH en REP+ ne touchent-ils/elles pas la prime modulable, comme les enseignants (ex : dans une école REP+, une seule l’a reçue).
Le DASEN : C’est au cas par cas, il faut nous renvoyer les situations.
Notre avis : Faire des remontées auprès de la CGT Educ’action 95.
2nd degré
1-Les effectifs explosent en LP, ce qui pose des problèmes en terme d’acquisition des apprentissages, mais également en terme de sécurité (plateaux techniques non-adaptés notamment). Quel regard portez-vous sur cette situation complexe ?
Le DASEN : Dans le Val d’Oise il y a quelques années des centaines d’élèves post classe de 3e se trouvaient sans place, sans orientation, sans solution.
Plusieurs leviers ont donc été utilisés : travailler l’ambition des élèves, de manière à ce qu’ils se sentent autorisés à faire des études longues / créer des places dans le secteur professionnel (accompagné par les services de la région) et combler les places vacantes du pro avec les élèves sans solution.
Il a été demandé aux chefs d’établissement de procéder à du « surbooking » (propos assumé par le Dasen) car les effectifs baissent dans l’année.
Je compte contacter les proviseurs des lycées cités pour faire un point sur les effectifs en LP. La politique du « surbooking » pourra être revue s’il s’avère qu’elle ne fonctionne pas.
Notre avis : De fait, le cynisme de cette vision du « surbooking » ne nous échappe pas, au lieu d’adapter le système au nombre d’élèves, on attend donc qu’ils ne se présentent pas aux formations.
2-Le parcours en Y s’est avéré être une véritable « usine à gaz », classes vidées en fin d’année.
Le DASEN : L’année 24-25 était à ce propos une année d’ajustement, d’observation. Il semblerait judicieux d’adapter la fin d’année en fonction de la présence ou non des élèves. L’institution reste vigilante quant aux effets pervers des nouvelles réformes.
Notre avis : Il nous semble que l’année écoulée aurait dû donner déjà lieu à réflexion et à retour sur ce parcours « en Y ».
3-Un certain nombre de postes non-pourvus empêchent une scolarisation des élèves dans les meilleures conditions.
Le DASEN : La vraie difficulté à laquelle l’institution n’a pas réussi à répondre c’est le fait que dans certaines filières (notamment biotechniques) le métier n’attire pas la reconversion des professionnels en tant qu’enseignants.
Notre avis : Cela ne concerne pas uniquement les filières biotechniques, également des postes ou BMP en lettres-histoire / PSE, etc. Le DASEN semble découvrir la situation.
Le problème posé est bien sûr celui de l’attractivité de notre profession. Au lieu de penser en ces termes et de considérer une amélioration des conditions de travail et des conditions salariales, notre hiérarchie semble considérer qu’elle ne peut rien faire de plus.
4 Peut-on avoir une liste des BMP et postes non-pourvus ?
Le DASEN : On ne l’a pas car cela change trop souvent pour que nous ayons une liste à jour.
Notre avis : Il nous semble pourtant que ce type de listes doit être tenue, pour le bon fonctionnement des établissements et la continuité du service public d’éducation.
5-Les effectifs explosent en LG (parfois 36-37/classe). Certains élèves redoublants n’ont pas de place dans leurs spécialités.
Le DASEN : De grosses avancées ont été réalisées pour cette rentrée dans les collèges où les effectifs sont passés à 24 en REP+, 26 (en fonction de l’IPS) ou 28 pour les REP.C’est un choix qui a été fait, de prioriser le collège par rapport au lycée et c’est un choix assumé.
Globalement, le nombre d’élèves est le même qu’en 2017 alors qu’il y a 800 postes en plus. Il est faux de dire qu’il y a moins de moyens dans le 1er degré et au collège.
Notre avis : La question portait sur les lycées, le DASEN nous répond sur les collèges et 1er degré. Or, les moyens mis sur le collège l’ont été du fait du « Choc des savoirs » (constitution des groupes), contre lequel nous devons continuer à lutter pour ce qu’il engage du « tri des élèves »
6-La présence policière massive et régulière des forces de l’ordre devant les établissements est contre-productive en matière d’éducaiton et de pédagogie. Cela va-t-il durer longtemps ?
Le DASEN : Nous sommes confrontés à une problématique d’introduction d’armes blanches dans les établissements. Je ne peux me résoudre au fait que c’est aux enseignants de régler cette question.
Notre avis : Cela ne fonctionne pas, c’est même contre-productif, étant donné les retards des élèves en cours et leur état d’émoi liés aux fouilles. Et nous constatons que le nombre de forces de l’ordre en contact avec les élèves augmente alors que celui des personnels de l’Education baisse. C’est regrettable. D’autre part, masquer la criminalisation de la jeunesse par une volonté de protection des personnels nous semble intellectuellement malhonnête, étant donné les attaques liées au management toxique dont sont victime ces mêmes personnels.
Globalement, le renforcement du rôle des préfets sur les thématiques de l’EN interroge (voir article café péda de 08/25).
Le DASEN : Le préfet intervient dans les thématiques de l’Education Nationale sur les questions régaliennes.
Le préfet doit émettre un avis sur la carte scolaire et il est important de mettre en relation les services de l’Etat pour ne pas léser certains territoires.
Notre avis : Nous restons très vigilants sur ce rôle de plus en plus prégnant assigné aux Préfets en matière de problématiques liées à l’Education Nationale.
D) Problèmes de paie pour plusieurs collègues, salaires de contractuels non versés, retard dans le paiement du SFT, retard dans le traitement du classement des stagiaires des années précédentes, non remboursement du pass navigo …
Le Secrétaire général : Faîtes nous remonter les situations.
Notre avis : Nous ferons remonter les situations individuelles dans une démarche collective, bien que nous ne soyons pas un service de la DSDEN. Nous invitons les personnels à nous contacter s’ils ont des retards ou absence de paiement dans vos salaires / indemnités. Contactez les assistantes sociales pour demander une aide financière exceptionnelle via colibris en nous envoyant une copie à : 95@cgteduc.fr
Puis évocation de situations individuelles et collectives
