Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

[AESH] Lettre ouverte. Assez de souffrance, assez de mépris !

La CGT Educ’action 95 soutient et relaie cette lettre ouverte écrite par 19 AESH de Cergy, également envoyée à la hiérarchie.

Nous, AESH de Cergy réunis en Collectif, constatons année après année, conjointement avec nos collègues professeurs, que les élèves qui nous sont confiés ont des pathologies de plus en plus lourdes relevant à l’évidence d’un placement dans des structures dédiées (IME, ITEP, UPE2A…). Le constat est sans doute identique dans toutes les académies de France, ce que pointe d’ailleurs le dernier rapport de la Cour des comptes (L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, septembre 2024).

Nous ne sommes pas dupes. Main-d’œuvre sous-payée au statut précaire, nous servons de caution à l’État pour palier ses carences et masquer son impéritie dans sa prise en charge des élèves en situation de handicap. Mais si cela permet de cocher des cases statistiques et facilite les effets d’annonces médiatiques, la réalité est tout autre pour ces enfants. Placés d’emblée en situation d’échec scolaire, percevant rapidement qu’ils ne peuvent suivre les mêmes programmes que leurs camarades de classe, ils et elles souffrent à l’évidence du regard des autres, surtout en arrivant au collège.
Pourtant, c’est dès le 1er degré que nous pouvons être amenés à prendre en charge, de la petite section aux cours moyens, des élèves aux troubles neurologiques extrêmement invalidants, les empêchant de rester dans les classes au contact des autres enfants.

Nous sommes démunis. Ni formés ni rémunérés comme tels, nous devons néanmoins assumer des tâches incombant à des éducateurs spécialisés. Une position intenable qui fait que nombre d’entre nous se posent la question de la poursuite de notre mission dans ces conditions.
Si l’État n’est pas capable de prendre en charge ces enfants courageux dans des structures
appropriées, nous réclamons des actions concrètes pour une évolution de nos métiers, afin de les accompagner dans les meilleures conditions.

La prise en charge du handicap mérite mieux que ce bricolage qui sert d’écran de fumée.


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