Il s’agit donc d’une injonction à préparer des programmes néolibéraux non seulement dangereux dans leur contenu, mais surtout illégaux, car suspendus depuis la défaite de Macron et de son gouvernement.
Au mépris de la diversité des élèves, de l’expertise professionnelle des praticien.nes et du consensus scientifique, la ministre démissionnaire et illégitime s’obstine dans son projet de programmes de cycle 1 et 2 en français et mathématiques contre l’avis quasi unanime de la communauté éducative.
Ce jeudi 19 septembre, la CGT Educ’action Versailles a interpellé le recteur en CSA académique sur la pertinence de « proposer » – c’est-à-dire d’imposer – aux collègues du 1er degré des formations qui font directement le lien avec les « nouveaux programmes » du « Choc des savoirs », ces derniers ayant été gelés.
Réponse du recteur : Les programmes sont juste gelés donc il vaut mieux anticiper et puis ce n’est que de la didactique et ça ne fait pas de mal la didactique…
1. Petit rappel
Les membres du CSE du 6 juin 2024 se sont prononcé·es à 94% contre le projet d’arrêté fixant les nouveaux programmes d’enseignement du français et des mathématiques au cycle 1 et 2 dès la rentrée prochaine. Malgré cela, le ministère a décidé d’aller à l’encontre du vote et de maintenir ces nouveaux programmes de manière autoritaire.
Le recteur de l’académie de Versailles se focalisait sur une application avec zèle des programmes dès la rentrée en imposant une formation avant les vacances. Avec la dissolution de l’Assemblée nationale, ces « nouveaux programmes » ont été suspendus le 20 juin.
En raison de la défaite des néolibéraux aux élections législatives, l’application de ces « nouveaux programmes » n’a plus lieu d’être ainsi que le plan de formation-formatage qui l’accompagne. Ils sont le reflet d’un régime autoritaire, illégitime, de casse de l’Éducation.
En ce début d’année, quasiment toutes les circonscriptions du 1er degré ont choisi d’imposer des formations sur ces « nouveaux programmes » sans laisser le choix aux équipes. Le recteur, avec le DASEN, poursuit à marche forcée la mise en place de programmes qui n’existent pas officiellement et qui vont l’encontre des besoins et des attentes des équipes en aggravant la perte de sens au travail.
2. Ces programmes suspendus vont à l’encontre des besoins des élèves
Pour la maternelle, les savoirs « apprendre et vivre ensemble » des programmes de 2016 sont remplacés par des petits groupes de compétences acquises, donc par niveau !
Voir l’article ci-dessous de notre camarade Christian Deligne dans le Café Pédagogique.
Ils posent aussi problèmes sur les points suivants :
- Les notions qui se succèdent sans lien entre elles, masquent le sens des apprentissages et fragilisent les liens entre savoirs et procédures pourtant essentiels.
- L’hétérogénéité érigée en obstacle avec un abandon du principe des cycles et un traitement hors temps de classe des difficultés des élèves que ces programmes normatifs auront eux-mêmes créées.
- Des situations d’apprentissage et des pratiques codifiées méprisant l’expertise enseignante.
La CGT Educ’action 95 donne consigne syndicale aux collègues et aux équipes de ne pas s’inscrire à GAIA pour participer à ces formations et d’exiger des formations en adéquation avec les besoins des équipes et des écoles notamment sur les pédagogies alternatives. Si cette formation vous est imposée, contactez le syndicat !
Si la didactique a un intérêt, c’est quand elle casse des briques !
