Généralisées dans le 1er degré, « proposées à la généralisation » au collège, imposées en seconde, ces évaluations restent des outils d’un pilotage par objectifs, d’un contrôle des pratiques pédagogiques et la déshumanisation du suivi des élèves. Pourquoi ?
Le symbole d’une pratique de contrôle et de perte de sens du métier
Ces évaluations visent aussi et surtout les enseignant·es. Elles participent au contrôle croissant des pratiques professionnelles en réduisant les enseignant·es à de simples exécutant·es. Elles les dépossèdent de la maîtrise de leur outil de travail et de leur expertise-professionnalité.
La CGT Éduc’action rappelle que notre travail d’enseignant∙e consiste au contraire à concevoir et adapter les apprentissages en fonction des élèves et de leurs difficultés. C’est cela la condition nécessaire à la réussite scolaire de nos élèves, et non la recherche effrénée de la standardisation. À l’inverse, des outils standardisés n’offrent pas des réponses adaptées et enferment les élèves dans des parcours scolaires. En plein Choc des savoirs, ces évaluations nationales doivent, selon ce qui est annoncé, permettre à l’institution de vérifier si les attendus annuels des programmes sont bien atteints par chaque élève. En réalité, elles permettent surtout de vérifier si les résultats des élève s’inscrivent dans une conformité déconnectée des projets d’une école émancipatrice et ne tiennent évidemment pas compte de la différence de rythmes dans les apprentissages.
Le symbole d’une politique de tri et du renforcement des inégalités
Ces évaluations ciblent les élèves. L’enseignant·e, en ayant la main sur la conception de ses apprentissages jusqu’aux évaluations, peut adapter la progression et les méthodes à chaque élève. À l’inverse, ces outils standardisés n’offrent pas de réponses adaptées et participent à émietter le travail scolaire, figeant les élèves dans des cases, les enfermant dans des parcours différenciés.
Elles permettent de trier et classer les élèves, de les stigmatiser rapidement comme « bons ou mauvais » élèves, mais également d’anticiper le tri qui s’organise au collège avec les « groupes de niveau ». D’ailleurs, les évaluations de CM2 doivent permettre ce tri, le remplissage des « fiches navettes » pour la répartition des élèves en 6ème… Et les évaluations 6ème doivent aussi permettre les « ajustements » de ces groupes de niveau dans les premières semaines de rentrée… Le schéma est ainsi complet.
Que faire ?
- Dans le 1ᵉʳ degré, boycott et application de la consigne syndicale. Nous faire remonter toutes les pressions.
- Dans le 2nd degré, refuser de faire passer les évaluations. Si la direction organise la passation par des biais détournés. Motion commune et non prise en compte des résultats.
Pour aller plus loin
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Article France Info : « C’est mettre en échec des élèves dès le début de l’année » : pourquoi certains enseignants sont entrés en « résistance pédagogique » contre les évaluations nationales
