Depuis plusieurs mois, l’autoritarisme du gouvernement Attal s’accroît et prend un virage particulièrement dangereux : interdictions de réunions publiques en solidarité avec la Palestine, interdictions de manifestations, poursuites, pressions et condamnations de dirigeant·es et militant·es syndicaux ou encore d’élu·es, parlementaires, dirigeant·es d’organisations politiques et associatives du mouvement ouvrier, en défense des droits du peuple palestinien ou du monde du travail. Cette politique est bel et bien liée à un projet d’ensemble : mettre au pas le monde du travail et la jeunesse !
Ils veulent une éducation caporalisée…
Dans le lot de mesures, l’éducation semble au cœur des préoccupations. Parce que la jeunesse est moins contrôlable, le gouvernement prend le prétexte de sa violence pour l’encaserner encore plus : stage obligatoire ou SNU pour les secondes, présence obligatoire à raison de 50 heures par semaine dans les zones populaires, obligation de se lever à l’entrée de l’enseignant·e, groupes de niveaux au collège, évaluations standardisées, transformation des CPE en surveillant·es généraux, etc. Leur thérapie de « Choc des savoirs » s’inscrit d’ailleurs pleinement dans cette dynamique en visant à caporaliser toute la profession.
L’objectif n’est pas de créer un groupe social homogène de la jeunesse, capable de définir ses besoins, mais bien de les maintenir coûte que coûte dans un système éducatif remodelé, sans temps libre et surtout avec une répression accrue. On est loin de l’émancipation !
Cette politique est mise en place pour faire taire la jeunesse, sous couvert de répondre à des problèmes de société qu’ils ont eux-mêmes engendrés. Pourtant, l’enjeu majeur de l’école ne consiste pas dans le « gardiennage » des jeunes, mais dans l’émancipation de leur réflexion. Cet enjeu nécessite davantage de moyens, de diminuer le nombre d’élèves par classe, d’embaucher massivement et pour cela, d’augmenter les salaires. Mais c’est le contraire qu’il se passe avec les restrictions de moyens, la hausse exponentielle des effectifs et le gel donc la baisse des salaires.
Si les jeunes sont visés, les enseignant·es le sont aussi. Car depuis 2016, le monde de l’éducation relève la tête. Certes, les réformes antisociales et liberticides passent (souvent à coups de 49-3), mais on constate que les travailleuses et travailleurs de l’éducation se mobilisent, que cela soit sur la loi travail, les retraites, contre l’effondrement du service public d’éducation… Ces nouvelles mesures visent donc aussi à mettre un couvercle sur cette colère : quand on se transforme en « simili-maton » comment peut-on se lier aux jeunes, comment peut-on penser l’émancipation ?
Encaserner pour préparer un avenir du pire !
Ce retour à un autoritarisme tous azimuts doit aussi se lire dans la volonté de Macron de préparer le pays à la guerre. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’au stade des mots, mais la situation internationale est alarmante. Les tensions impérialistes de par le monde se transforment de plus en plus en conflits armés : Russie / Ukraine; Israël /Iran, Soudan… La volonté de mise au pas des jeunes, de la société, est à lire à travers ce prisme et les mesures de tri social prennent alors une tournure encore plus violente. Car c’est bien aussi dans ce sens que l’on doit comprendre les contre-réformes de l’éducation : choc des savoirs pour trier, réforme du lycée pro encore pour trier, annotation d’écarts de comportement sur parcoursup toujours pour trier. Soyons clairs, des élèves qui se mobiliseraient, comme dernièrement dans le 93, se verraient désignés comme perturbateur sur leurs dossiers parcoursup.
Bien trier et les colères seront bien gardées !
Les réformes de tri social participent à l’encasernement. Si l’on est dans le groupe des « faibles » toute sa vie, comment construire suffisamment de confiance en soi pour envisager de penser par soi-même et encore plus pour réfléchir à son émancipation ? A contrario, si l’on est dans le groupe des « forts », à quoi bon se soucier des « faibles », puisque notre avenir est tracé et s’annonce sous de meilleurs auspices ? Si l’on ajoute à cela la ségrégation sociale qui existe sur le territoire, le racisme systémique… la division et le morcellement de la société et des jeunes seront encore plus violents. Nul besoin d’être devin pour comprendre que ces mesures délétères ne feront que renforcer la violence soi-disant dénoncée, car quand on est opprimés, encasernés, qu’on nous enlève les moyens d’expression pour revendiquer, que reste-t-il ? La violence la moins consciente et tournée en général sur les personnes les plus proches !
Il faut construire une riposte sociale d’ampleur
Se regrouper dans les écoles et établissements scolaires, discuter entre collègues, préparer les dates de mobilisations déjà posées comme le 25 mai pour la défense de l’éducation. Il faut aussi se regrouper pour discuter clairement des manières de contrecarrer le rouleau compresseur antisocial, au service de la bourgeoisie, par tous les moyens nécessaires. OUI nous avons plus d’intérêts partagés avec nos élèves, avec nos collègues, avec des travailleurs et travailleuses, avec ou sans papiers, qu’avec le moindre sbire, des inspecteurs de l’éducation nationale jusqu’aux membres de ce gouvernement au service des plus riches !
