Syndicat unifiant tous les personnels de l’Éducation nationale du Val-d’Oise, de la maternelle au lycée.

Dotation Globale pour la rentrée 2024 dans les collèges du Val-d’Oise : une catastrophe annoncée

URGENCE – ALERTE AUX COLLÈGUES.

La CGT Educ’action du Val-d’Oise alerte l’ensemble des collègues des collèges sur les conséquences catastrophiques qui s’annoncent avec la mise en place des “groupes de niveaux” dès la rentrée prochaine en 6e et 5e sur toutes les heures de français et de mathématiques (en attendant leur généralisation en 4ème et 3ème l’année suivante) comme conséquence de la casse du collège unique.

Une doctrine aveugle et rétrograde contre le collège unique

C’est rayer d’un trait de plume, sans aucune légitimité ni aucun fondement scientifique, plus de 50 ans de collège unique à qui on a jamais donné la chance de fonctionner, faute de moyens et de véritable liberté pédagogique.

La mise en place de “groupes de niveaux” permanent va à l’encontre de la recherche qui montre que cette différenciation est surtout – à la marge – bénéfique pour les meilleur·es élèves, et a un impact négatif sur les plus faibles. Ces groupes de niveaux vont aussi supprimer le groupe classe (comme c’est le cas malheureusement au lycée), empêchant le suivi des élèves (et empêchant des collègues d’être professeurs principaux et/ou présent·es en conseils de classe), mettant à mal l’organisation des projets de classe et la vie même d’élèves de 11, 12, 13  ans. 

Surtout, ce séparatisme entre « bons élèves » et élèves en difficulté, appliqué dès la rentrée au collège, serait d’une violence inouïe pour ces dernier·ères, pour une partie desquel·les on peut craindre une assignation de 4 années dans le même groupe de niveau. Même au sein d’un groupe limité à 15 élèves, comment peut-on faire croire qu’elles et ils s’y épanouiront et progresseront ?

L’hétérogénéité n’est ni un problème ni un frein aux apprentissages. Elle dynamise les enseignements, développe l’entraide et l’autonomie. La difficulté scolaire ne se règle pas à coup de recettes, de fiches ou d’exercices répétitifs. Si l’ambition de l’École est de permettre à tous et toutes de progresser (et selon son rythme), l’École doit abonder les moyens en heures et en personnels formés, pour appliquer une pédagogie de progrès dans des classes aux effectifs réduits. À lumière de la Dotation Globale 2024 dans notre département : c’est l’exact opposé !

Les conséquences catastrophiques pour les collègues et les élèves

Nous partageons l’inquiétude exprimée par le syndicat des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA qui dans une alerte à la ministre datée du 22 janvier 2024 précise : 

Les impacts de vos propositions sur l’organisation des enseignements et sur les conditions de travail des enseignants vont être très importants. Celles-ci vont s’en trouver considérablement dégradées (…) Les enseignants de français et de mathématiques vont devoir, inévitablement, après la rentrée 2025, assumer un enseignement sur l’ensemble des niveaux afin d’assurer les alignements nécessaires. Leurs emplois du temps vont considérablement perdre en qualité, comme ceux de l’ensemble des enseignants de collège. Les postes partagés vont se multiplier, les alignements ne seront pas possibles dans les plus petits établissements, faute d’un nombre de professeurs suffisants pour les mettre en place. Le choix des professeurs principaux va être très largement limité, si ce n’est impossible, mettant en difficulté les équipes et le suivi des élèves. Aurons-nous, par ailleurs, les enseignants de Lettres et de Mathématiques en nombres suffisants pour la rentrée 2024 et, plus encore, en 2025 ?”

Précisons que la mise en barrettes de l’ensemble des cours de maths et français en 6ème et 5ème (soit, 17h de cours) va générer des EDT chaotiques pour les collègues et les élèves, notamment pour les collègues qui ne sont pas enseigant·es de mathématiques ou de lettres. La création de groupes de niveaux va entrainer une explosion des effectifs de classes en français et mathématique en dehors des groupes à effectif “réduits”. Par exemple, dans un collège du Val-d’Oise, 6 classes de 27 élèves en 5ème, constitueront maintenant 7 groupes, dont 4 à 31 élèves en moyenne. Pour financer ces quelques groupes à effectifs “réduits”, à moyen constant, le peu de marges qui permettaient d’ouvrir des demi-groupes dans différentes disciplines va être absorbé par cette usine à gaz. Enfin, la soi-disant “heure de soutien et d’approfondissement” est d’ores et déjà supprimée, annonce faite après seulement 4 mois d’existence, dont l’objectif était en réalité d’acter la suppression de l’heure de technologie – ce qui en dit long sur la considération qu’ont les technocrates et néo-libéraux du ministère pour nos élèves.

MAINTENANT QUE FAIRE ? 

Nous invitons les collègues à se réunir en heure d’information syndicale pour prendre le temps d’analyser et comprendre la violence des chocs des savoirs Attal.

  • Nous proposons aux collègues de refuser de bricoler quoi que ce soit surtout en l’absence de loi ou de décret précisant cette organisation absurde ;
  • Nous appelons tous les personnels des collèges à se mettre en grève le jeudi 1er février à l’appel et sur les revendications de l’intersyndicale nationale, avec notamment : 
    – pour l’abandon immédiat du “Choc des savoirs” ,
    – en matière de Dotation Globale, des moyens à la hauteur de nos besoins ;
  • À venir dans les Assemblées générales de grève rencontrer les collègues du 1er degré, des lycées et des lycées professionnels pour construire tous ensemble la riposte nécessaire à cette attaque globale.
    Rendez-vous le 1er février à partir de 9h30 :
    – À CERGY (Maison des Syndicats, 26 rue Francis Combe),
    – À ARGENTEUIL (Espace Nelson Mandela, 82 boulevard du General Leclerc),
    – À BEAUMONT-SUR-OISE (Maison des associations, 1 rue Duquesnel),
    – À SARCELLES (Espace les Vignes Blanches, 9 Av. Anna de Noailles).

À retrouver ci-dessous, le tableau des Dotations Globales des collèges du Val-d’Oise pour la rentrée 2024

Au sein du tableau, on peut notamment retrouver le nombre de groupes de niveaux prévus dans chaque collège. La CGT Educ’action 95 a ajouté des couleurs et les H/E afin de pouvoir comparer d’une année sur l’autre (à partir des chiffres prévisionnels, ceux-ci ont pu bouger lors de la rentrée 2024). La CGT a évidemment voté contre cette DG départementale lors du CSA-D du 26 janvier 2024.