
Une nouvelle fois, le lycée professionnel est la cible des offensives libérales sur l’école. Dans le prolongement de la précédente réforme Blanquer, les élèves vont perdre 7 semaines de cours ! Cette nouvelle réduction d’heures (après les 8 semaines sous Blanquer), notamment dans l’enseignement professionnel, conjuguée aux familles des Métiers, permettent d’affirmer que le Bac pro 3 ans sera dorénavant un bac pro 2 ans !
En seconde et première, sous couvert de rendre obligatoire l’enseignement à effectifs réduits des savoirs dits fondamentaux (français et math), la réforme réussit le tour de passe-passe de supprimer 4 semaines de cours. En fait, il s’agit de créer des groupes de niveaux dont on sait qu’ils sont inefficaces pour traiter la difficulté scolaire mais par contre qu’ils renforcent le tri et la sélection.
En terminale, les élèves, soumis à un calendrier démentiel, auront des épreuves anticipées à la mi-mai puis commenceront leurs 6 semaines de « parcours diversifiées » (départ en PFMP ou préparation des études supérieures). Les 6 semaines de stages supplémentaires du parcours différencié sont bien gratifiées par une rémunération versée non par les entreprises mais par l’Etat. Les contraintes financières pèseront donc sur les choix des élèves !
Cette nouvelle réforme va peser sur les conditions de travail des personnels avec la tentative d’annualisation du temps de travail.
Cette nouvelle contre-réforme s’inscrit dans la volonté du patronat et du gouvernement de développer l’employabilité des élèves de bac pro. Il y a un continuum depuis les lois sur la formation professionnelle en passant par les lois « Travail » pour casser le diplôme, la qualification et dans son prolongement la convention collective. Il s’agit d’individualiser les parcours des élèves futur.e.s travailleuses ou travailleurs casser les cadres collectifs, développer les primes au détriment du salaire.
La CGT Educ’action 95, réunie en congrès, appelle à la grève pour le 12 décembre prochain. Des AG seront organisées dans les bassins pour construire et durcir la mobilisation. La manifestation partira à 14 heures de la Sorbonne vers le ministère de l’Éducation Nationale. Elle appelle à participer à l’AG parisienne du 12 décembre après la manifestation qui aura lieu à 18 heures à la bourse du travail de Paris.
Les offensives contre le lycée professionnel ne sont pas isolées. Il s’agit de construire une mobilisation d’ampleur dans l’éducation en élargissant à l’ensemble de l’École pour le mois de janvier.
Cergy, le 01/12/2023
